DNews 25 – N’oublie pas mon nom !

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Chitwan, Népal.

 

Alors, les volontaires, comment ça s’est passé ?

D.1 : Ben… on devrait commencer par t’expliquer ce que fait l’association pour qui on a été volontaires et comment on les a aidés, non ?

 

Ouais, donc VolNepal ça veut dire quoi au juste ?

D.2 : VolNepal est une association à but non lucratif qui sert de relais entre des volontaires (le plus souvent des étrangers) et des structures locales. Des hôpitaux, des écoles, des orphelinats… c’est fou quand t’y penses, ça faisait 2 années qu’on était en contact mail avec eux, qu’on se disait « un jour on arrivera au Népal et on viendra vous voir ». Et voilà.

D.1 : Vu nos contraintes de temps (un mois prévu qui s’est réduit à deux semaines car mon amie Auré, déguisée en père Noël, nous rejoint le 25 décembre à Delhi) c’était pas réaliste d’être des volontaires « traditionnels ». Il faut être sur place grand minimum un mois pour que ça ait un sens.

D.2 : Du coup on leur a proposé un coup de pouce plus proche de nos compétences…

 

Aaahh, ouais je vois le genre, et y’aurait pas une caméra dans le coup ?!!

D.1 : Voilà, on peut rien te cacher.

D.2 : On avait 2 semaines pour condenser dans une vidéo tout ce que fait VolNepal.

D.1 : Conclusion, j’ai joué le rôle de l’infirmière pendant… 15 min. Amusant, ça me rappelait mes 9 ans quand j’avais reçu un costume d’infirmière pour Noël. Seulement là, le patient dont j’ai pris la tension était vraiment malade… Il avait peur le pauvre et s’est planqué sous la couette à ma première et seule question. 😉

D.2 : Faut dire que t’avais pas l’air très sûre de toi, ça a dû l’inquiéter. Heureusement qu’on t’a pas demandé de simuler une piqûre…

D.1 : C’est ça vas-y rigole, j’aurais aimé t’y voir…

D.2 : J’aurais été pire…

D.1 : Toi t’es toujours bien planqué derrière ta caméra c’est pratique aussi.

D.2 : Hey oh ! moi, j’ai fait le prof d’anglais dans une école de campagne. Discours au micro devant 600 écoliers puis cours d’anglais/géographie dans une classe de 40. Tu te serais pas fait pipi dessus à ma place peut-être ?

D.1 : Euh…

D.2 : Voilà. Comme je dis. Et pour parler des projets de conservation du patrimoine, ensuite, je suis allé dans quelques lieux sauvages de la région. Chitwan c’est des parcs naturels protégés où vivent des crocodiles, des rhinocéros, des tigres…

D.1 : On a pas pu boucler aussi vite notre visite à l’orphelinat car les enfants ont été si attachants qu’on a préféré prendre notre temps.

D.2 : On est resté plusieurs jours avec eux et on leur a fait une vidéo dédiée, du coup. Ca nous a rappelé la Casa à Oruro. C’est fou comme on s’attache vite à ces mômes, comme ils sont éveillés, affectueux, joueurs. On devait tourner 3 ou 4 plans pour intégrer à la vidéo pour VolNepal, finalement on a tourné un film complet de 10 minutes sur les enfants de l’orphelinat, duquel on a pris juste un extrait pour la vidéo de VolNepal. Je sais pas si je suis clair…

D.1 : J’crois pas non…

 

Alors parlons de l’orphelinat plutôt…

D.2 : Nan moi c’est D.2, Pluto c’est l’ami de Mickey.

D.1 : Mais qu’il est con…

 

C’est vrai, t’es con, c’est un sujet sérieux l’orphelinat.

D.1 : (et puis Pluto c’est le chien de Mickey…)

D.2 : Justement. C’est très sérieux pour nous, et tellement émouvant que je prends facilement le parti d’en parler avec dérision pour ne pas trop me secouer.

D.1 : Il a raison. Sinon on chiale.

D.2 : Comme des madeleines. Les blagues ça préserve notre émotivité.

 

A ce point ?

D.2 : Ecoute pour te faire une idée, tu peux déjà regarder notre film. On reprend le débat ensuite…

 

Pastille de 3 minutes pour les pressés, la numéro 75 : « Kipling » – comprenne qui peut…

 

Film de 10 minutes pour les gens sérieux (…) : « Don’t Forget My Name! »

 

[…]

 

Humpf…

D.1 : Ah ! Tu vois ?

D.2 : Tu comprends maintenant ?

 

Ca fout une claque votre truc là…

D.2 : Voilà. Une claque. C’était le but du film ceci dit. Parce que c’est la réalité. C’est comme ça. On a rien inventé. Juste laissé tourner la caméra.

D.1 : On est reparti le cœur lourd de quitter tous ces adorables momichons, mais heureux d’avoir passé un peu de temps avec eux. Je leur ai fait faire quelques ateliers manuels, genre couture, bricolage, confection de petits bracelets. C’était très chouette ! Et Damien a joué au foot, forcément. Le clou du séjour a été de leur montrer leur vidéo…

D.2 : Encore une occasion de se féliciter de porter un PC portable. Avec un drap blanc accroché sur le tableau, un projecteur emprunté à l’ONG et une paire d’enceintes d’ordinateur, on a transformé une salle de classe en cinéma. Les enfants ont réclamé leur vidéo 3 fois de suite…

D.1 : … après quoi on leur a repassé, à leur demande, le diaporama de 240 et quelques portraits qu’on a réalisés d’eux. Le tout sur une musique de Dr GoNzO, qui décidément colle super bien à ces ambiances « émotion ». Un grand et fort moment.

 

Et maintenant ?

D.2 : Un petit saut à Pokhara, au pied des Annapurna.

D.1 : Puis l’Inde, où on doit rejoindre l’ONG de notre « sponsor des yeux » et bon ami Didier, y laisser momentanément le tandem pour aller vadrouiller autour du pays avec d’abord Auré puis Pierre, 2 amis qui nous rejoignent, puis faire un film pour Didier.

 

 

 

D.Chiffres

1 € = 90 roupies

2000 roupies pour 2 mois de cours d’anglais

2 coupures d’électricité par jour

80 enfants à l’orphelinat de Gaurigunj

40 roupies = un mois de scolarisation en école publique

1000 roupies = un mois de scolarisation en école privé

1 interview télé et 1 interview radio, et franchement vu comment s’est déroulé cette dernière, on préfère quand c’est notre pote Manu de Radio M qui nous interview… l’anglais du jeune reporter était si obscure qu’on comprenait 1 question sur 2 et son seul axe d’entretien était de nous faire dire que le Népal était génial ; nos personnes, notre projet, il en avait rien à foutre le gars.

7 parties forment le gouvernement népalais – et à 7 ils sont pas foutus de sortir le pays de sa merde économique et sociale, rien qu’organiser des élections c’est la mère à boire…

250 roupies = une moustiquaire 2 places

5000 roupies = le salaire mensuel moyen des Népalais

 

 

Messages à caractère informatif

  • Les 2Ds voudraient lancer une grande campagne de boycotte des produits Vaude… En effet, nous sommes partis de France avec un jeu complet de sacoches de vélo Vaude hyper chères – plusieurs centaines d’euros – qui ont résisté… pffff… quelques mois. Nous les avons réparées maintes fois avec nos petites mains, et à bout de fil comme de motivation nous avons plusieurs fois contacté la marque Vaude pour lui soumettre le résultat lamentable de ses produits et réclamer le remplacement des sacoches ; là où d’autres marques comme Primus ou Schwalbe nous ont immédiatement et gentiment répondu et même présenté leurs excuses avant de nous remplacer le matériel fautif gratuitement, Vaude ignore royalement nos doléances – on sait qu’ils lisent les emails, on a les accusés de réception. Au prix rédhibitoire auquel est vendu le matériel de la marque Vaude, on attendait une qualité irréprochable. On est loin d’être les seuls cyclo-voyageurs à s’en plaindre. On se retrouve avec des sacoches qui en mettaient certes plein la vue mais franchement ne tiennent pas la route du tout et la marque nous snobe sans scrupule. Gros carton rouge à Vaude. La prochaine fois, on ira chez la concurrence ou alors on les fera nous-mêmes. Tiens c’est une idée ça de lancer notre propre marque de sacoches… (au moins elles seraient conçues par des gens qui font du cyclotourisme). Qu’on ne se méprenne pas : c’est pas que les 2Ds exigent ou trouvent naturel qu’on leur file du matos, pas du tout. Mais la courtoisie voudrait qu’on reçoive des réponses à nos emails. Au moins une fois, même si c’est pour dire non.
  • Histoire de montrer que tout le monde n’est pas comme Vaude, merci aux marques Black Diamond et Sapim qui viennent de nous faire parvenir nos nouvelles lampes frontales et nos nouveaux gants pour la première, et nos nouveaux rayons pour la seconde (assortis de chaussettes !), et dont les représentants pour la plupart se sont inscrits à la D.News !
  • Photos de l’orphelinat : http://planete.d.photos.free.fr/015-Nepal/03-Chitwan/02-Orphelinat/index_light.html

 

 

 

Morceaux Choisis

 

« Delphine ? Damien ?

– Ouais.

– Qu’est ce que c’est ?

– Euh…

– …

– ?

– Le fournisseur Internet vient d’appeler, il faudrait que vous arrêtiez vos mises à jour [nddd : site Planète.D], ça a fait planter leur routeur…

– Mince.

– Il faut envoyer les fichiers un par un.

– Ben c’est déjà ce qu’on fait ! »

– Anish, président de VolNepal, embarrassé.

 

« Sinon Delphine…

– Oui ?

– Qu’est-ce que tu penses de ma silhouette ?

– … »

– Anit, jeune Népalais typique, c’est-à-dire très préoccupé par son apparence

 

 

« Avant votre départ, il faut que vous fassiez des portraits de moi. »

– Anit, lui-même (après nous avoir longuement fait admirer sa collection de portraits photo)

 

« Mmlmm lmlm m mllmm  mm ?

– Je ne comprends pas ton anglais, répète s’il te plaît ?

– Mmlmm lmlm m mllmm  mm ?

– Je ne comprends pas ton anglais… (le prof vient à la rescousse, encore que lui-même baragouine comme il peut – D.2 commence à deviner)

– Où va s’arrêter votre voyage ?

– En France. Nous allons jusqu’à la France. Notre prochaine étape sera l’Inde, où nous…

– Et c’est là que votre voyage s’arrêtera ?

– Non. Comme je suis en train de te le dire nous…

– Où va s’arrêter votre voyage alors ?

– Je suis en train de te l’expliquer, bonhomme. Alors tu écoutes la réponse à ta question et tu le sauras bientôt.

– Et quel est le leitmotive de votre voyage ?

– (En fait tu t’en secoues alors pourquoi me demander ? Attends je vais te calmer…) Je ne comprends rien à ton anglais, ça fait combien de temps que tu suis les cours à l’Institut ? (va falloir bosser là…)

– Euh… (incompréhensible, super, le prof vient à son secours de nouveau) Quel est le message que vous apportez au monde ?

– On aime prendre le contre-pied des médias qui ne véhiculent que les mauvaises nouvelles et parler des rencontres form…

– Donc vous n’avez pas de message en fait ?

– Je suis en train de te l’expliquer, là (tu vois mes lèvres bouger, je fais des sons tout ça, c’est un dialogue, mais toi t’es plus branché monologue pas vrai ?)

– Vous n’avez pas de message à adresser au monde alors ?

– (si et tu seras le dernier au courant imbécile). »

[sur quoi une autre étudiante, charmante, pose une question censée et claire, et je décide d’ignorer dorénavant ce petit emmerdeur]

– exemple type de la manie qu’on certains Népalais

de poser des questions dont ils ignorent les réponses

avec toute l’arrogance possible (ici D.2 aux prises avec

un étudiant en anglais très sûr de lui et de son anglais…)

 

« Un tigre a tué mes parents il y a 3 ans. »

– Ganesh, 12 ans, sans se départir de son immense sourire

 

« Mes parents se sont séparés. Et ma Maman m’a abandonnée. »

– Anju, 10 ans, sans se départir de son immense sourire…

 

« Que dis ce garçon ?

– Il dit ‘the different shit’… [à prononcer différentchitte – littéralement : la merde différente]

– La quoi ?!

– ‘the different shit »’

[D.2 écrit donc ‘different shit’ – en retenant difficilement un sourire narquois. Ca ne loupe pas. Avec son habituel ton supérieur, Anit rétorque :]

« Nonononononon, tu te trompes complètement Damien, ça n’est pas ça du tout…

– C’est pourtant ce que tu viens de me dire…

– Pas du tout j’ai dit ‘different shit’

– Voilà. Exactement. Comment l’épelles tu, alors ?

– D I F F E R E N T I A T E. ‘Differentshit’

– Ahhhh…(soupir) ‘differentiate’… [à prononcer différenschiaite – littéralement : différencier]

– Oui (d’un air exaspéré, il récidive), differentshit, ‘the differentshit’

– Bien entendu. Donc si je ne me fourvoie pas, tu veux dire ‘to differentiate’ ou alors ‘the difference’. Je vais opter pour la première solution, parce que autrement ce que tu racontes est tout sauf de l’anglais, ok ? (et pan dans ta gueule). »

– Anit, le retour (et D.2 qui perd patience un peu là)

 

« … [parlant des orphelins] On a vraiment été touché par eux. Ils sont si attachants. On a même pensé en adopter un.

– Un bébé sur le vélo ça peut être sympa.

– Ben l’avantage là, c’est qu’ils sont déjà grands et qu’ils peuvent pédaler tout seuls !

– Ah, ouais, faut un tridem alors !

– Exactement ! »

– Maga et sa répartie en chat avec D.1

 

« Je suis un homme très occupé … (pause… longue pause) … Très très occupé. Je dirige… (pause) 5 projets. Je me lève à 5 heures le matin (longue pause pour que l’on comprenne bien le sens profond de l’information)… Je rentre et vais dans mon lit à 9 heures… (soupir du discoureur… trop dur la vie, va raconter ça à mon oncle qui traverse Paris 2 fois par jour à raison de 3 heures de trajet matin et soir) Très occupé, très pris (pffffff). Je gère l’orphelinat. J’étais moi-même un orphelin. Ce qui explique pourquoi je gère mon orphelinat à la perfection. Les autres gens ils ne font pas ce que Moi je fais. Mes orphelins ils deviendront les futurs Ajeev. Beaucoup de gens parlent et prétendent faire des choses. Ils ne font pas comme Moi. Ils ne sont pas aussi bien que Moi. Quand Adam [NDDD : Adam Murry, père de la Fondation Murry qui gère et finance l’orphelinat] est venu ici il n’était rien… (pause). Il m’a rencontré… (pause)… et il a été super impressionné par Moi. Maintenant il est célèbre… »

– Ajeev-number-one, le modeste

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