Dnews ultra courte et mercantLille à mort (Lille)

On vous aura prévenu.

Votre serviteur sera demain soir vendredi 26 avril à Lille pour deux projections au restaurant le Zango 36 rue de Gand. Comme le ch’nord c’est un peu le Laos de la France (c’est loin vers les monts brumeux et on y connaît personne mais c’est très chouette et on voulait y venir depuis longtemps) on y a pas de contact et j’ai une salle à remplir. Deux fois. En PJ les affiches, venez nombreux j’ai deux enfants à nourrir.
Et je vous promets, c’est une mince affaire, elles mangent en continue, pas une pour rattraper l’autre.
J’ai une vague appréhension tout de même.
J’étais voilà peu en tournée bretonne.
Au buffet d’accueil d’un salon, on me servait une spécialité à base de beurre, farine, sucre et lait, suivi d’un plat au lait et au beurre avec un peu de farine et en dessert il y avait un gâteau fait de farine, de beurre, de sucre, avec un peu de lait. Beaucoup de lait. Le long des routes, j’observais alors pléthore de panneaux publicitaires vantant de multiples recettes, les noms se suivant en un kaléidoscope étourdissant de savoir-faire gastronomique. A base de beurre, de farine, de lait et de sucre. J’ai vite deviné pourquoi les noms de toutes ces recettes étaient plus alambiqués les uns que les autres (franchement, kouign amann, kig ha farz, ce sont de véritables « tongue twister », rien que les prononcer tu te luxes le muscle stylo-hyoidien ou la symphyse, alors du coup ça va plus vite de les manger) : c’était pour masquer par un effet d’écran de fumée le fait que ce sont toutes les mêmes !
Je partageai ma théorie avec mon hôte, Mme Kerkedelec.
Sa réponse me jeta dans l’effroi : « Intéressant, il faudrait demander l’avis de ma voisine, la vieille Kerkedelec… depuis le temps qu’elle est là, elle sait tout ». La coupant, je sortis dans la rue, hagard-hagard (jeu de mots de crudivoriste…) et scrutait les boîtes aux lettres.
Kerkedelec. Partout des Kerkedelec. Je commençai à déambuler au hasard, frappé de stupeur. Un bonhomme mangeait un quatre-quarts, accoudé à sa fenêtre, les yeux dans le vague.
« Monsieur Kerkede… ? » commençai-je, mais ma voix mourut dans ma gorge alors qu’il tournait de mon côté un air interrogateur.
Je pressai le pas. 100 mètres plus bas, devant le portail d’un certain M Patrice Kerkedelec, une jeune femme distribuait des prospectus pour la promotion d’un nouveau restaurant. Je lus sur le prospectus « Formule plat unique… » en tremblant.
« Mademoiselle, ce plat, là sur votre prospectus, y’a quoi dedans ?
– Oh… c’est un peu comme une pâte brisée, avec du beurre, de la fari… »
Je pris la fuite en hurlant.
Gravé sur ma rétine, l’image de son badge de représentante où j’avais eu le temps de lire « Isabelle Kerkedelec, commerciale ».
Alors comment le végétalien crudivore que je suis survivra-t-il à un séjour dans le Nord, ivre de frites, bière, hareng et maroilles partagés avec autant de M et Mme Pruvost que « La marche de l’Empereur » compte de manchots ?
La suite au prochain numéro.
(à propos de la marche de l’Empereur, Lirio en ajoute à mon désarroi : alors qu’elle était absorbée par le film, médusée devant ces farouches et indénombrables bêtes, toutes aussi siamoises à mes yeux que des recettes gastronomiques bretonnes, elle s’exclama soudain « Il en manque un ! » et de renchérir, au plan suivant, alors que Delphine et moi échangions un regard interdit, « ah non il est là »…)


Damien
ps les préparatifs pour notre périple à tandem avec les filles suivent son cours, à partir de juin, stay tuned pour des infos en direct live du tandem
pps si vous avez changé d’avis et ne voulez plus recevoir de DNews, qui normalement est plus fournie et moins débile, ou pas, bien au contraire, suffit de me le dire (avec des fleurs)
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