[LMSF] Des nouvelles du jeûneur, marcheur & hygiéniste (4)

Florian Gomet, hygiéniste, sportif, grand voyageur et bûcheron, est dans une phase de préparation physique intense : fin juillet, il entamera une marche de 600 km sans manger à travers les monts Mackenzie, au Canada. Comme son encadrement au jeûne est en parti assuré par Sarah, ma compagne, et que je suis le réalisateur du film à venir sur son projet, nous avons un contact permanent et je suis de près les actualités de notre poulain.

Devenez co-financeur du film ici !

(vidéo de présentation plus bas)

(pour co-financer par chèque, c’est par ici que ça se passe)

 

 


D. Salut Florian. Bon, tu vas avoir un passager clandestin on dirait bien… ça y est, j’ai pris mon billet, décollage le 29 juillet, je te rejoins sur ton parcours, au moins à la moitié !

F. C’est formidable ! Pour fêter, aujourd’hui c’est moi qui pose les questions 🙂 Il y a trois semaines seulement le projet La Marche Sans Faim était enterré et puis soudain, un élan populaire inespéré l’a fait renaître de ses cendres et, du coup, tu pars sur le terrain. Comment gères-tu émotionnellement et logistiquement ce revirement ?

D. J’apprécie que tu me demande, ton empathie me touche. D’un point de vue émotionnel, c’est très excitant et en même temps cela fait un bon coup de stress. J’ai toujours aimé les départs, j’en ai vécu de nombreux. Je goûte particulièrement le fait de préparer le paquetage, de se projeter à la lecture d’une carte, et c’est ce que je fais ces temps-ci – entre autres. Mais le revers de la médaille, là, c’est que d’une part mon été s’était organisé tout autrement et je dois tout remodeler, et d’autre part je ne suis pas dupe de moi-même : à chaque aventure je sais désormais que mes filles et mon amoureuse vont beaucoup me manquer, ce qui est un poids psychologique indéniable. J’en avais souffert en Laponie par exemple, ce que l’héroïne du projet, célibataire et sans enfant, comprenait mal. J’espère que tu pourras me pardonner si j’ai un ou deux coups de blues ! je suis un sentimental… Bon et puis tout ça n’éclipse pas non plus le fait que j’ai du matériel à réunir et à tester.

____

____

F. Tu as des sponsors pour t’aider à rassembler le matériel ?

D. Oui, et en vérité je suis déjà pour ainsi dire équipé. A force, tu penses bien… Mon fatbike, je le charge avec tout mon matériel grâce aux sacoches de bikepacking que m’avait offert High Mobility Gear déjà pour le  Nicaragua. Je t’ai prêté un panneau solaire et de quoi recharger tes batteries de GoPro, du coup je n’en avais plus. Mon copain Thomas Gautier a monté voilà plusieurs années un site marchand spécialiste dans l’équipement aventure/voyage/survie : ça s’appelle Matériel Aventure, facile. Il me fournit #1 une tente d’expédition 2 places #2 un chapeau avec moustiquaire et des répulsifs haute performance #3 une gourde filtrante à 99,9% #4 un panneau solaire avec le kit complet de recharge, dont la batterie. Je vais louer ou acheter, comme toi, une balise GPS satellite, et comme la campagne de co-financement marche bien je peux me permettre cet investissement sans doute. Ensuite, l’opticien de ma ville, Harry Allain, avec sa boutique Optic’Al, s’est spontanément proposé de m’équiper avec des lunettes de sport, solaire, correctives, et photosensibles – le luxe quoi ! La Fédération Française de Jeûne et Randonnée, EU Juicers et Science et Bien-Être font partie de gros co-financeurs et cela permet aussi d’être serein, par exemple pour le transport du vélo (cela coûte cher…) et d’ailleurs, mon partenaire de longue date Cyclable m’aide pour cette partie logistique, entre autres, en plus de m’avoir fourni par exemple un pantalon de pluie neuf (le dernier qu’ils m’ont offert je l’ai déjà bien usé…). Bref, je suis bien équipé et bien entouré. Je n’ai plus qu’une balise satellite à me dégoter.

 

Matériel Aventure fournit mon équipement bivouac, un kit de recharge solaire, du répulsif et un chapeau équipé d'une moustiquaire.... A souligner que depuis le projet "71° Solitude Nord" en Laponie, j'ai toujours pu compter sur Thomas et son équipe ! Merci.
Pimp Me Green, c'est le blog de l'alimentation végétale gastronomique et saine et de la santé holistique ! Il regorge de recettes savoureuses et d'articles de vulgarisation passionnants, entre autre sur... le jeûne. Merci à Sarah de nous aider pour la partie suivi biologique !
La Fédération Française de Jeûne et Randonnée est le premier financeur du film à s'être manifesté. Avec le soutien de quelques internautes, c'est cet élan de base qui a démarré la fabrication concrète de "La Marche Sans Faim". Merci !
Régénère.org en la personne de Thierry Casasnovas appuie le projet et a manifesté son soutien logistique, informatif et moral. Thierry m'aide à bien affiner l'écriture du film et l'approche holistique du jeûne. Merci.
Le Chou Brave est le magasine de l'alimentation vivante. Je collabore à cette revue documentée et fruitée depuis le début, et le magasine a décidé de doter une de nos contreparties sur la collecte de fonds, et d'offrir des abonnements aux internautes donateurs. Merci.
Science et Bien-Être est l'entreprise de Simon, le chanteur de Chair Chant Corps : il fut l'un des premiers artistes à faire confiance à Planète.D et aujourd'hui il co-finance généreusement le film "La Marche Sans Faim". Merci.
Tous les accessoires permettant de charger mon fatbike proviennent de High Mobility Gear en la personne de David Thomas. C'est inouï ce que ce matériel permet ! Faire tenir toute ma vie et mon matériel audiovisuel sur un vélo... Merci.
Après une projection de Tuani, Harry, l'opticien de Pontcharra, m'a spontanément proposé de m'équiper avec des lunettes de sport/soleil adaptée à ma vue. "Tu es le porte-parole de l'inconscient collectif", m'a-t-il dit, "car on voudrait tous vivre de telles aventures !". Ça m'a touché ! Merci.
La société EU Juicers, spécialiste des extracteurs de jus, co-finance le film et nous fait faire un bond en avant très "juicy" 😉 Merci.
Depuis 2013, Cyclable m'est un partenaire fidèle. Céline a toujours prêté une oreille attentive à tous mes projets et toutes mes demandes et les magasins du réseau sont tenus et animés par des experts, des passionnés, qui connaissent leur matériel sur le bout des doigts et je travaille toujours en toute confiance avec ces copains là ! Merci.
Les algues Marinoë, j'en consomme quasi quotidiennement depuis de longues années. Il faut dire que ce petit fabricant et distributeur bio breton me soutient sans faillir. La multi-mono-diète qui est la mienne en vadrouille et par exemple lors de La Marche Sans Faim - fruits, graines germées, algues - est aussi permise par la générosité de Marie-Dominique et son équipe. Merci.
Régis avait soutenu le projet "Pneus Hiver Obligatoires" et il est d'ailleurs intervenu dans le film. Aventure Nordique avait à l'époque fourni entre autres un duvet minimaliste douillet et chaud que j'utilise encore et qui a gardé toute son actualité. Cette fois Régis a décidé de co-financer le film "La Marche Sans Faim". Merci.
Kévin est un "nomade digital", un voyageur permanent qui se rémunère au fur et à mesure de ses périples, avec astuce, travail et bon sens : Le Nomade Digital. Il a eu le coup de coeur pour "La Marche Sans Faim" et nous co-finance généreusement. Kévin pratique la Wim Hof method, aime endurcir son corps et explorer ses aptitudes naturelles.

 

F. Et physiquement, tu te sens prêt ?

D. Jamais totalement. J’ai toujours le doute. Mais en tous cas ça m’a donné un élan pour reprendre un entraînement plus régulier. Pas aussi exigeant que le tien, surtout en mode Papa et travailleur indépendant, mais disons que je rehausse d’un cran mon exigence ! Plus de trail, plus de bains froids, de la méditation glissée par ci par là comme ça vient, du yoga le soir un peu plus assidûment…

____

____

F. Ceux qui se revendiquent de la science pure et dure ont la critique facile pour dénigrer les personnes qui prônent le jeûne comme moyen de santé. Mais n’est-ce pas le propre de la démarche scientifique que de faire des expériences (comme la nôtre) et d’extrapoler des théories ? Et ceux qui critiquent le jeûne sans jamais avoir essayé ne sont-ils pas finalement… obscurantistes ?

D. Ah-ah, tu y vas peut-être un peu fort en terminologie… je pense que le changement de paradigme, assez intense, que nous incarnons, toi en premier lieu dans ce projet, peut désarçonner, et créer des blocages. Mais tu pointes quelque chose de pertinent : si il n’y avait pas eu de tous temps des énergumènes comme nous pour proposer une pensée, une action, un mode différent, l’humanité serait peut-être encore quadrupède et primitive. J’ai eu un échange récemment, avec un internaute, que j’ai trouvé tout à fait typique de ces mécanismes : moi qui suggère une façon différente de penser une certaine notion (en l’occurrence, c’est ton projet que je mets en lumière, et il est axé sur l’alimentation, le jeûne et la santé) je dois apporter les preuves de ce que j’avance (même si je n’affirme rien en soi, dans cet échange) ; par contre quand je demande les sources et références à mon détracteur, par lesquelles il justifie son propos contradictoire, celui-ci se drape dans sa dignité, explique qu’il n’a pas à se justifier (sous prétexte sans doute que sa position est majoritaire) et balaye toute ma bibliographie, mes analyses de sang et mon expérience de multiples années d’un simple « mais c’est de la charlatanerie tout ça ». Je crois effectivement que l’humanité peut se retrouver parfois douloureusement déchirée entre des personnes qui ont besoin d’un paradigme immuable et majoritaire (peur de l’inconnue ?) et d’autres qui ne peuvent s’empêcher de chercher la nouveauté (peur de la stagnation ?). Et oui, j’ai envie de dire que sans les seconds, on en serait encore à l’âge de pierre au mieux : car sinon, pas de roue, pas de maison, pas d’outils, pas d’avion, pas d’électricité ni de téléphone, et la liste est infinie.

F. Ta compagne Sarah (qui est membre de l’équipe) a une formation scientifique et elle est naturopathe. Je serais curieux de savoir ce que pensent ce milieu de La Marche Sans Faim.

D. Oui, et accessoirement elle va bientôt terminer son accréditation en tant que accompagnatrice jeûne et randonnée ! Hey bien elle a interrogé ses collègues, oui. Nous avons contacté des dizaines de centres de jeûnes, de naturopathes, et d’autres pratiquants d’une médecine douce, naturelle, alternative. Globalement, dans le milieu de la naturopathie, le projet suscite l’enthousiasme. Une crainte revient, c’est que le film puisse desservir la naturopathie si on le tourne en exploit d’un surhomme, mais nous avons déjà évacué ce souci dans nos précédents échanges, ce n’est pas notre propos du tout. Et si tu échoues, ma foi nous serons humbles et retiendrons la leçon : un jeûne, ça se fait encadré par des professionnels ! En tous cas le monde naturo espère que le film lèvera le voile sur cette pratique et pourra accrocher des personnes d’autres milieux par le bais de l’aventure et de la découverte. On y croit !

____

 

____

F. On me demande régulièrement si tu comptes jeûner avec moi pour me soutenir moralement ?

D. Ah-ah ! Oui, moi aussi… La réponse est non. Le jeûne est une posture de repli sur soi, de retraite intérieure et c’est aussi un mode ralenti, minimaliste. Je serai là pour fabriquer ton film : c’est une activité intense, tant du point de vue cérébral que physique. Je serai à vélo, à fatbike, chargé avec mon matériel audiovisuel, et je devrai pouvoir assurer une mobilité efficace pour capturer l’aventure. Donc jeûner n’est pas approprié. En revanche, pour accompagner ta démarche, sache que je serai en mode alimentaire frugal.

F. Dans ce cas, quel genre d’aliments consommes-tu en voyage ? Tu arrives à conserver ton alimentation végan ?

D. Des fruits, graines germées, des algues. Point. Quantités raisonnables, alimentation simple et sobre. Donc oui je peux rester végétalien en vadrouille – attention, pas vegan, qui est un choix politique, militant. Je ne me réclame pas d’une quelconque étiquette politique. Je suis végétalien par convictions, mais je n’ai pas de carte d’aucun « parti ».

F. Comment appréhendes-tu la progression à fabtike ?

D. Plutôt sereinement. A moins d’être sur du chemin de chèvre le fatbike, même chargé, avale bien le reliefs. A priori, les récits que j’ai lus de la Canol Trail font état d’une piste grossière, parfois défoncée, parfois inexistante, mais d’une piste : cela signifie un tracé qui permettait à des véhicules de franchir le dénivelé,n et de surcroit des véhicules des années 40. Donc à part des passages ponctuels qui font être très rock’n roll, s’il faut franchir des rivières, des glissements de terrain, des fortes pentes, normalement ça devrait bien se passer. Le fat est l’outil pour ça !

F. Je pense qu’il faudra mettre en scène dans notre film toute ta partie : tout l’envers du décor d’un tel tournage, ses exigences, ses subtilités… On se connait depuis peu finalement, pourquoi me fais-tu confiance pour mener à bien La Marche Sans Faim ?

D. Bonne question. C’est à l’intuition, pour beaucoup. Nous avons cohabité sur des périodes courtes, chez moi, mais je n’ai cessé de t’observer, voire de te tester sur des points éthiques, logistiques, précis. J’ai noté toutes tes réactions, tes postures. Ton discours est très cohérent, très convergent, tes valeurs et ta droiture ne font aucun doute pour moi et ta rigueur comme ton entraînement font pâlir. Ça plus un bon feeling général, parce que tu es une bonne personne, gentille et douce mais en même temps dotée d’une détermination acérée, cela fait que je suis confiant.

F. Merci, cela me motive !

D. Bon, c’était bien d’inverser les rôles tiens ! Bons bains froids, Florian !

F. Bonne journée ! Life is good, always…

 

 

 

600 kilomètres, 0 calories : à travers les monts Mackenzie sans manger…

 

 

Devenez co-financeur du film ici !

(pour co-financer par chèque, c’est par ici que ça se passe)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Facebooktwitterlinkedinyoutubevimeoinstagram

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

Commentaires protégés par WP-SpamShield pour WordPress