[LMSF] Des nouvelles du jeûneur, marcheur & hygiéniste (2)

Florian Gomet, hygiéniste, sportif, grand voyageur et bûcheron, est dans une phase de préparation physique intense : fin juillet, il entamera une marche de 600 km sans manger à travers les monts MacKenzie, au Canada. Comme son encadrement au jeûne est en parti assuré par Sarah, ma compagne, et que je suis le réalisateur du film à venir sur son projet, nous avons un contact permanent et je suis de près les actualités de notre poulain.

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D. Bon Florian… de plus en plus de personnes croient en ton projet, ça te met la pression ? ça te galvanise ? comment prends-tu tes responsabilités ?

F. Que des gens m’accordent leur soutien, cela me procure une force supplémentaire, probablement déterminante pour réussir, mais aussi des responsabilités, oui, à l’égard de tous ceux qui croient en moi et en l’hygiénisme pour l’avenir.  Je pense aussi que les choses impossibles deviennent possibles quand suffisamment de personnes y croient.

D. Simultanément, et en parallèle ou avec l’enthousiasme que le projet soulève, nous recevons des commentaires sceptiques. Outre l’incrédulité, les internautes font preuve parfois d’interrogations simples : pourquoi faire ça ?

F. Je répondrais par une citation qui me vient, je crois, du film « Batman begins »… : « L’humanité a besoin de spectaculaire pour sortie de son apathie » !

D. D’après toi, qu’entend-ton par « aventure » ? par « exploration » ? La mode semble être aux performances cumulatives : grimper le plus de 8000 m, gratter 1/100s à un 100 m…

F. Pour moi non. Tout ça, c’est devenu du sport. Partir à l’aventure et explorer, c’est aller à la rencontre de l’inconnu et des difficultés pour apprendre à y faire face en s’adaptant. On voit bien que les explorateurs contemporains sont à court d’idées : faire le plus de sommets de 8000 m, la traversée la plus rapide, etc. Avec ‘La Marche Sans Faim‘, plutôt que de courir après un chronomètre ou battre un record, je place tout simplement la barre un cran au-dessus, ou carrément à côté sans doute, en n’emportant pas de carburant. Ça, c’est de l’exploration, celle du corps humain. De la vie et de son plein potentiel.

D. Tu es très attaché au fait d’être seul, à minima la première partie de ton périple. As-tu la crainte qu’on puisse ainsi remettre en cause ta crédibilité ? Et suggérer, par exemple, que tu ne filmes pas des moments où tu manges… ?

F. Si ça ne tenait qu’à moi je ne me poserais pas la question, je ne suis pas assez malicieux pour cela et je crois que les relations vraies dans la vie se fondent sur la confiance. Je ne vois pas bien ce que ça m’apporterait de tricher puisque justement, on vient de le voir, je poursuis une quête personnelle, d’exploration du corps et de ses possibilités. Je ne veux pas un film pour faire parler de moi mais pour débattre autour du jeûne en ramenant une expérience qui suscite la curiosité et lance un débat. Le résultat n’importe pas en tant qu’objectif atteint mais pour lui-même !

D. Toujours dans un souci à la fois de crédibilité et d’utilité scientifique, nous sommes en train de définir un protocole de suivi des marqueurs biologiques, avec notre médecin Romain, Sarah ma compagne la naturopathe, et Nicola de la Fédration Française de Jeûne et Randonnée : on peut sans doute l’expliquer simplement ?

F. Oui, c’est intéressant et basique à la fois : je surveille mon poids (prise de masse, descente alimentaire, départ & arrivée du trek, reprise de poids) ; sur le terrain, je vais mesurer quotidiennement ces autres paramètres : pouls, tension, morphologie (en mesurant le tour de cuisses, le tour de bras, le tour de taille) et en me photographiant très régulièrement pour observer les modifications morphologiques.

 

D. Oui, et puis on réfléchit à des marqueurs « subjectifs » également.

F. L’idée est de les évaluer moi-même, tous les jours, au ressenti, en les notant de 1 (peu/pauvre) à 5 (riche/abondant) : la forme physique, ou l’élan vital si on veut ; le moral (idées noires, enthousiasme) ; la lucidité ; l’équilibre ; et les 5 sens.

D. Y’a-t-il d’autres marqueurs qui seront pertinents pour nous ?

F. J’ai pensé intégrer les « stigmates corporelles » et le profil métabolique de départ : une verrue, une cicatrice, poids de forme 57-58 kg pour 1m62, soit un IMC* de 21,7, que l’OMS définirait comme « normal », et enfin une morsure de tique qui a laissé son empreinte, même si je ne pense pas avoir contracté la maladie de Lyme.

D. Et l’idée est de comparer à ton retour.

F. Oui, sachant que je me connais : je ne suis pas filiforme, mais plutôt, euh… charpenté 🙂 et j’estime qu’avant de rentrer dans la fibre musculaire je peux descendre jusqu’à 50 kg de poids corporel.

D. Mmmmhhh ça donne matière à réfléchir tout ça. Mais on ne veut pas juste faire un film sur des chiffres. Pour moi, c’est l’occasion de développer plein de thématiques que j’estime incontournables, profondes.

F. Moi aussi. Par exemple… Développer la notion d’hygiénisme et la place de la technologie : c’est elle qui fournit notre alimentation, ce qui prend déjà l’hygiénisme en défaut. Nous voulons trouver le juste équilibre entre témoignage authentique et hygiénisme professé et la possibilité de partager par l’image. « Tout-hygiénisme » ou « tout-progrès » sont deux impasses. D’ailleurs on peut s’interroger : l’homme et la technologie sont-ils dissociables ? il faudrait se demander surtout l’utilité d’une technologie avant de l’adopter. Donc le retour au naturel est finalement un peu artificiel : on s’expose à des conditions ardues pour retrouver la pleine possession de nos moyens physiques… jusqu’où le concept est-il pertinent ? Il faut les compléments abstraits : yoga, méditation, et d’autres médecines douces, pour compenser ce qu’on ne maîtrise pas, et qui n’est pas physiologique, dans notre vie moderne. Tout ça, je souhaite le mettre en scène de façon sincère dans le film.

D. Florian, pourrais-tu proposer une définition, ta définition, de l’hygiénisme ?

F. Vivre et respecter autant que possible, et cela quitte à recréer artificiellement, au sein de notre société policée, les Lois d’existence physiologiques, celles par lesquelles nous nous inscrivons dans la Nature en faisant partie d’elle. Cela passe, pour moi, par se confronter au froid, à la faim, à la fatigue, ce que tous les êtres humains expérimentaient spontanément et quotidiennement à l’aube de l’humanité, pour évoluer dans leur milieu. Aujourd’hui, l’Homme a mis en place nombre d’adaptations, que je questionne et souvent exclue dans ma vie de tous les jours. En fait, je  m’interroge toujours : est-ce que tel confort, ou tel progrès, ou telle habitude, participe de mon bien-être ? de mon épanouissement ? et quid du milieu naturel dans lequel je vis ? Voilà en gros résumé ma philosophie.

D. On ne va pas s’ennuyer… Je partage pleinement ta philosophie, sans pour autant pousser la préparation physique aussi loin ! D’ailleurs… on retourne t’entraîner à la manipulation de la caméra, et après on va se plonger dans le lavoir à 11°. On donne rdv à nos lecteurs pour un bout de vidéo là-dessus. Ciao tout le monde !

F. Soyez heureux. Life is good, always…

 

600 kilomètres, 0 calories : à travers les monts Mackenzie sans manger…

 

 

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