DNews 01 – Boutx

Où l’on retrouve les 2D au coin du feu, quelque part dans les Pyrénées, après 2 premières semaines de vadrouille franchouillarde. De saine fatigue et de coups de pédales il sera question. Du bonheur de voyager en toute liberté, à 2, aussi. Des aspirations de ce début de voyage, et des premières épreuves, enfin. Pour les plus pressés, les dernières vidéos sont disponibles en streaming sur le site, rubrique « les vidéos du grand D.tour ».

 

Vous êtes où ?

D.2 : A Boutx ! un petit village des Pyrénées qui résiste encore et toujours à l’envahisseur… mon fief de vacances depuis tout petit, où nous héberge Pierre, alias Petit Bichon, (il est adorable ce Pierre, comme il nous chouchoute !) et où j’espère retrouver le temps d’un bonjour de vieilles connaissances. Je suis très content d’être ici, c’est tout un symbole pour moi, ce village et tous les souvenirs qui y sont rattachés. Et puis c’est notre dernière étape française, après ce sera les Pyrénées espagnoles, que je connais un peu certes, mais qui déjà incarnent un autre monde et pour nous le début de l’expatriation.

D.1 : Les Pyrénées, tant contées par Damien depuis de longs mois, j’y suis enfin Papa Bear ! et elles ne se laissent pas conquérir si facilement, les coquines : un col hier à 1069m puis un aujourd’hui à 1249m avec en prime une pluie continuelle ! Mais notre sauveur n’était pas très loin, en bas du village, et à l’instant même, on est bien au chaud, et au sec.

 

Ca va bien ?

D.2 : Oui ! le ventre bien rempli, bien au chaud dans le chalet de Pierrot, on s’occupe de nous, au coin du feu, et on prend bien du plaisir. Un régal ! Après le col du Portet d’Aspet, passé hier – un bon coup de « cul » comme on dit en bon cycliste – et puis surtout ce matin le col de Menté, grimpé sous la flotte pendant une longue et humide matinée, ça fait du bien de se poser. Au sec !

D.1 : Oui, ça va très bien, le bilan de ces 12 jours de nomadisme est très très bon, on a eu de très bonnes conditions atmosphériques (sans compter le premier jour dans le Vercors et le dernier ce matin même, mais bon, la montagne c’est pas pour les touristes, c’est pour les courageux !!!) On commence à avoir une bonne forme physique, fini la toux et les nuits de 10h, maintenant c’est un peu moins de 9h ;-))

 

Alors vous êtes qui, là, aujourd’hui ? 2 jeunes sur le départ, 2 voyageurs, 2 paumés ?

D.2 : Bonne question… je ressens que petit à petit je me fais une place dans mon voyage, je l’intègre et il m’intègre, mais je ne suis pas déjà absorbé par lui. Je suis sur le départ, mentalement. Ca vient doucement. Lentement mais sûrement, et j’en retire beaucoup de plaisir. Je me sens apprenti voyageur, avec pour objectif d’en faire ma vie, pour un temps. C’est grisant.

D.1 : Comme dit D.2 on en est encore à l’amuse-gueule. Alors on est deux voyageurs en partance pour Madrid, on se fixe des objectifs à moyen terme et on se ballade jusque là…J’ai bien pris le rythme et j’ai même le sentiment d’être partie depuis plusieurs mois… Je découvre la capacité d’adaptation de l’être humain, jusqu’à quand ?? je ne sais pas mais je me sens à l’aise, restant bien consciente que pour l’instant tout s’est déroulé sans réel accro, alors c’est finalement assez facile à dire.

 

Vous traînez 50 kilos. 100% utile ou y’a-t-il du superflu pour améliorer le quotidien ? (bilan après 2 semaines)

D.2 : Tout est question de point de vue… On a, disons, que du nécessaire plus le matériel multimédia. Il pèse son poids – un âne mort le long d’une route qui mène à un col – mais au moment de filmer, de mixer, c’est du bonheur en boîte alors pour le moment, bon gré mal gré on tire tout ça… Autrement, j’ai de la lecture, Marc, un copain de Teamlog, m’a offert « Cent ans de solitude » de Gabriel Garcia Marquez, et je me régale ! Merci Marc, je dévore ton bouquin, hier encore il m’a fallu me mettre au lit à coup de pied aux fesses – mentalement – pour ne pas bouquiner jusqu’à la nuit noire.

D.1 : Lors des deux dernières montées dans les Pyrénées, les paroles de papa résonnaient encore : « les aventuriers partent chargés, avec tout leur confort et lâchent petit à petit leur surpoids ». Je pense que l’on est pas du tout à l’abri de délestages intempestifs, en même temps, que lâcher ? rien du côté des vêtements, tente, duvets, popotte…. Mais bordel, on se traîne 5kgs de matos multimédia, et finalement le col passé, heureuse et fière de notre performance je dégainais bien vite l’appareil photo que je venais de maudire pendant toute la montée ! Conclusion, pour l’instant on garde tout !

 

Une étourderie ?

D.1 : Hum, hum, désolée Didier mais j’ai un tout petit peu égaré la paire de lunettes que tu m’avais offerte autour Grignan. Je ne veux pas me chercher d’excuses mais c’est vrai que la première semaine m’a sévèrement épuisée et mon étourderie habituelle s’est retrouvée décuplée. Si cela pouvait s’arrêter à « je me trompe de mots », ça ne serait pas si grave et j’avoue que lorsque j’ai réalisé, je n’étais pas très fière de moi. Bon, j’en profite pour remercier ceux qui me sauvent la mise, c’est-à-dire Lionel et Marie-Félicie (adorables dixit ma maman), et qui ont envoyé à Boutx ma paire de lunettes de glacier, en espérant que je les conserverai jusqu’à Madrid, n’est-ce pas Lionel ;-))

D.2 : Oui, et rien à voir avec l’étourderie – je pourrais en rajouter une couche, « t’as mis du thé dans la tasse ? du sucre tu veux dire… oui du sucre pourquoi j’ai dit quoi » ou encore « j’ai un moucheron dans l’œil – oui je le vois dans le creux de ton oreille ! » – mais tout à voir avec les mercis : Maman a assuré le coup avec Iberia pour nous billets. Finalement si ça a à voir avec un certain esprit « léger » mais Iberia, non content de nous avoir fait galérer 6 mois pour nos billets, a attendu notre départ pour annoncer que si on ne retirait pas les billets avant le 24 avril on les perdait… c’est vraiment abuser. On était déjà sur la route, ils le savaient pertinemment et savaient aussi qu’on ne pourrait pas retirer avant Madrid, début mai. Accessoirement depuis 6 mois qu’on fait du forcing pour ces billets on aurait eu 1000 fois le temps de les retirer si la compagnie avait bien voulu faire son boulot et nous les vendre. Alors attendre qu’on soit sur la route pour dire « faut les retirer de suite sinon ça vous passe sous le nez ! » c’est vraiment dépasser les bornes…

 

Des anecdotes ?

D.1 : Eh bien, nous avons fait l’admiration, ou plutôt l’ébahissement d’un groupe de petits vieux dans une voiture. Tout aurait pu être parfaitement habituel, et flattant même si le conducteur n’était pas en pleine départementale, pratiquement à l’arrêt ! Ils arrivaient en face de nous, nous nous tournions sur la gauche, attendant qu’ils avancent un peu pour que nous puissions passer, et suite à nos gestes explicites voulant susciter une réaction de leur part, nous avons eu une grosse frayeur lorsque une voiture est arrivée à sa suite et a dû freiner sec pour ne pas les emboutir…. C’était à peine croyable !

 

Des galères ?

D.2 : Non. Si : 4 rayons brisés à Carcassonne… trop fatigué, je n’ai pas suffisamment pris soin du vélo et les dos d’ânes ont eu raison d’un premier rayon. Je ne me suis aperçu de rien, j’étais crevé, et le soir venu c’est 4 rayons qui avaient sauté… Il nous a fallu la matinée pour démonter la roue (arrière bien sûr) et le ralentisseur à rail – merci aux garagistes du village d’Anzer près de Carcassonne – puis tout rerayonner… 2 heures rien que pour rerayonner, la roue ressemblait à un nœud de Moebius. Le délire… Olivier, camarade tandémiste, prépare une poignée de rayons de rechange pour nous dans le colis éventuel pour l’ambassade du Chili ! Merci à toi.

D.1 : non, pas de vraies galères en effet, même si j’ai un peu le moral qui dramatise dès qu’on a une avarie technique et je pense que nombreuses vont être celles qui vont jalonner notre parcours… Alors j’apprends petit à petit que tout problème a sa solution… et c’est encore plus facile quand on a le temps pour nous, ce qui sera bientôt notre cas.

 

Des grands moments ?

D.2 : La vallée de la Vis, un joyau ; 3 heures de remontée tranquille, en pente douce, dans un cadre magique, la forêt, la rivière, des petits hameaux, les gens qui saluent, bref tout le panorama bucolique que j’aime ! Le levé au dessus de Carcassonne aussi, soleil orange dans la garrigue.

D.1 : Et bien cette routine qui n’en est pas vraiment une, le rituel du lever, du cyclo, de la toilette… et le meilleur pendant la route c’est lorsque l’on a peu de points de vue et que l’on découvre toutes les demi-heure de nouveaux paysages… alors pour moi de grands moments il y en a plein !!!

 

Des mercis ?

D.1 & D.2 : Nous décernerons 3 grands mercis :

A Michel pour la béquille qui maintient le tandem quelque soit la pente et le terrain

A maman (de D.1) qui nous a confectionné des sacs pour tout (la bouffe, le linge, la popotte…)

A maman (de D.2) qui est notre QG normand – spécialiste en billet d’avion tour du monde 😉

 

Vous connaissez (déjà) la routine ?

D.1 : Mince, j’ai déjà répondu à cette question là… donc pas de routine pour moi, puisque chaque endroit est différent. Mais le rituel est en place, il y a chaque matin le pliage de la tente, les pauses (petit) déjeuner, la recherche du bivouac, toilette, installation de la tente, souper, on peut donc dire qu’il y a quand même des habitudes et qui rythment nos journées selon le même schéma.

D.2 : Oui et non, certaines répétitions sont en place, mais elles contribuent pour moi à la beauté du voyage. Chaque jour monter, démonter la tente, plier et déplier le sac de couchage, allumer le brûleur, vérifier le vélo… mais jamais 2 fois au même endroit. J’aime ce goût d’infini, et dans ce contexte changeant la redite ne me pèse pas, moi qui fuis d’ordinaire le train-train. J’y trouve la poésie de mon périple et je m’en réjouis. Et puis je chope mes manies de vadrouille : mettre le compteur kilométrique sur la position horloge le matin, parce que l’heure matinale me motive et la faible distance me décourage, peut-être, et basculer l’après-midi pour me féliciter du chemin parcouru et fuir l’heure qui avance…

 

Bien. Bientôt l’expatriation, alors ? Prochaine étape l’Espagne…

D.2 : Ouaip. Quelque part le véritable départ. J’ai pris un malin plaisir à changer mon annonce de répondeur, car j’abandonne mon téléphone ici. L’Espagne, c’est l’étranger. A partir de là il nous faudra savoir nous sentir chez nous partout, en toutes circonstances, ce qui jusque là était bien aisé tant qu’on était en France. J’aspire à trouver en moi les ressources pour me construire mon chez moi à l’intérieur. Je pense beaucoup à mes amis fidèles, ma famille. Ils me manquent énormément mais dans le même temps ils me procurent une vraie force. Bon j’arrête là ça ressemble bientôt à une pub pour du shampoing…

 

Quelques chiffres ?

  • 723 kilomètres
  • 2 cols – 1400 mètres de dénivelé (on commence modeste, on se chauffe…)
  • 1 crevaison – pneu avant, tranquille…
  • 4 rayons cassés (roue arrière, côté ralentisseur, grosse galère…)
  • 1 paire de lunettes – comprenne qui veut
  • 3 purées mousseline parfaitement réussies – dédicacées à Fab
  • 2.4 kilos de muesli – mmmmm…
  • Bon ok, 4 repas par jour pour D.2, 2 pour D.1 – sans commentaire
  • 64.7 km/h – une petite pointe pour se faire plaisir…
  • 4-5 km/h – record de lenteur sur le col de Menté – hop-là !

 

Messages à caractère informatif

  • A nos camarades de TéléGrenoble : on a pas résisté au plaisir de coller à la fin des pastilles des petits bonus « bêtisier ». On a bien tout fait attention à ne pas dépasser des 3 minutes pour les pastilles, donc il vous faudra couper les bonus. Mais on vous surveille, gardez bien nos sponsors et nos groupes de musique ! 😉 Merci, on espère que ça vous plaira, et on serait ravi d’avoir vos réactions/critiques/remarques/demandes à notre prochaine connexion.
  • A nos camarades du Lions Club : Jean-Luc, Franck, merci de votre soutien pour cette histoire de billet. S’il vous plaît restez « aux aguets » car on a un peu peur avec Iberia maintenant…
  • A nos petits amis de Maxime Marchand : on a reçu les photos de notre après-midi, elles sont sur le site ! on pense à vous, grosses bises.
  • A nos camarades Trespass : on est très content de nos fringues, et des vestes/pantalons Trestex, pour le moment. Les gants sont largement insuffisants, en revanche, ce sont des modèles adaptés au ski – pas à 6 heures de vélo sous la pluie… si vous dégotez du 100% imperméable, faites-nous signe (merci pour ton petit mot Céline ;-). Ah ! oui, les tongues sont extra : elles massent les pieds…
  • A notre super tandémiste Olivier : tu mettras de côté quelques rayons pour nous – j’ai déjà dit ça quelque part moi…
  • Aux Mousquetaires : pour le moment on tient nos prévisions en kilomètres et timing, moralité surveillez notre parcours et réservez vos vacances…

 

Morceaux choisis

« Ca existe ça, Maman ? »

– un gamin dans un village, les yeux grands ouverts devant Buzzz, notre tandem

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