La DNews NMI#2 : I Wanna Ride In The Country Side

(English version of the news from Delphine, Damien and their tandem below)

 

Go∂an Dann ou un truc approchant.

Si Neil Young faisait partie de notre épopée cyclopede en terres islandaises, il serait surement juché sur une sacoche, l´harmonica aux levres, et il fredonnerait quelque chose de ce gout la. Du gout de “I Wanna Ride In The Country Side” je veux dire – y´en a qui suivent pas, je vois bien. En meme temps si Neil Young était juché sur une de nos sacoches a rien branler d´autre que souffler dans son harmonica et fumer des pétards, on aurait vite fait de lui decocher une taloche et de lui dire “dis donc Neil tu te crois ou grand pere ? A Woodstock ? si tu veux venir, tu pedales, comme tout le monde ! et arrete de brailler tes betises… ” – tout le monde, ahem, euh… Lirio ? cache-toi derriere le paquet de couch… cereales, le paquet de cereales.

ET OUI CAR STUPEUR ET TREMB LEM  EN  T    S…
(ca vaut ce que ca vaut pour detourner l´attention)

STUPEURS ET TREMBLEMENTS DONC dans l´immediat la civilisation nous a rattrapés. Une journée de route depuis Selfoss, sceptiques, jusqu´a Reykjavik (je sais je sais… c´est samedi matin je me leve tout juste), dans la circulation incessante, les embouteillages presque ! la lutte pour l´espace vital et les conn****þ´ö0æææ d´automobilistes égoistes qui nous klaxonnent rageusement et nous doublent a fond de train, trop pressés d´aller mourir ailleurs… une journée de route pourrait presque nous avoir fait oublier la magie des dernieres semaines.

Presque.
Mais non.
(silence respectueux)
Always look on the bright side of life, comme disait Adrien – pas l´empereur, le Monthy Python.
(c’est comme un boa mais drole)

Ces dernieres semaines, voila en resumé ce qui c´est passé sur la Planete.D

– les accentuistes n´ont que partiellement repris du service (le service public n´est plus ce que c´était)
– nous avons etes avalés par un troll du littoral
– une nymphe nordique a tenté de nous seduire et une autre de piquer notre fille
– on a mangé notre salade de graines germées quotidiennes pres d´une centrale et il nous est poussé un 3eme bras
– on a maintenu captive une lutine dans nos filets
– fait du jardinage sur lave

Maintenant a toi de retrouver les photos correspondantes ici :
http://www.flickr.com/photos/42365735@N02/sets/72157624398506560/
C´est vrai quoi a la fin c´est toujours le meme qui bosse. Seydisfjördur !*

* “saperlipopette” en islandais – et ouais 1 mois et deja bilingue

Non y´a rien a gagner, je te rappelle qu´on est en Islande, le pays de la Bannkruut**. Ici on est fauché.

** le nom islandais pour “banquise” je crois, a moins que ce soit la traduction de “calotte bancaire” je sais plus – bilingue mais pas trop hein…

Apres nos aventures glacieres, nous avons derechef pédalé et un vent arriere nous portait a l´ouest comme un cheval islandais au galop.
En islandais on dit “chevaux au vent” car ici les chevaux ont tous la coupe de Plastic Bertrand un lendemain de cuite (c´est le jeudi) : la meche longue et flageolante, le regard torve, les cils papillotant, et quand ils voient le tandem le long de leur pre ils fredonnent la complainte de Brunavik******.

******

[…]

là-bas fin de la route
au bord de la plage !

Suite
pas de suite.

[…]
J’invente rien, on le croirait ecrit pour nous celui-la. Par un maniaco depressif… http://jacbayle.perso.neuf.fr/livres/2006/Stefansson.html

Au travers d´un desert de lave, sous la pluie, et dans le vent, nous jouions Delphine et moi a “comment va-t-on reparer cette foutue piece qui vient de casser” pendant que Lirio dormait du sommeil de la bienheureuse.
A Vik, j´etouffais un sanglot d´emotion a l´évocation de mon cher Bjanröl qui comprendra. Vik, l´endroit le plus pluvieux d´Islande qui pourtant nous accueillait sous le soleil – on est pas a une contradiction pres. Vik, son eglise, son camping, son garage (tu vas comprendre, lis la suite).
Et sur notre chemin, encore et toujours, de belles rencontres…

Il y a d´abord a Hella un petit clan d´irreductibles Gaulois qui resiste encore et toujours a l´envahisseur – a moins que ce ne soit l´inverse. L´innenarable (y´a combien de ´n´ a ce foutu mot ?) Philippe Patay d’autrefois******** a echoué tel un cachalot barbu (pardon je m´égare, c´est en verite un vieil ours futé) en Islandaisie voila 40 hivers sans soleil (c´est qu´il n´est plus tout jeune non plus le bougre, meme s´il court partout comme une chevre) et y a fondé famille et entreprise. Guide de trekking de renommée internationale, photographe, ecrivain, vous l´avez peut-etre vu dans “Ushuaia ou les jeux du grand Nicolas en Islande” (je mets grand par opposition a l´autre nabot). Et le voila dans Planete.D c´est dire qu´il n´est pas a une grosse production televisuelle pres… Tout ca pour dire que Philippe est un grand homme (lui) et nous lui devons beaucoup.

******** j’aime aussi le Philippe Patay de campagne
(raaaa nooon je m’etais jure de pas blaguer la dessus la honte pardonne moi Philippe pardon pardon pardon)

Et donc la belle équipe de Fjallabak (c´est pas le bruit que fait le hennissement du cheval en islandais mais le nom de son agence – on ne se moque pas on doit le voir bientot… si il nous parle encore apres le bestiaire du paragraphe precedent) nous a superbement accueillis. Gabriel, le fils du pere, a bien voulu etre notre guide alors que nous troquions selles et guidons pour volant et portiere – on a un peu honte, mais on voulait suivre Gabriel et faire sa connaissance, et dans son jeep il fait en une journee ce que nous aurions parcouru en 1 semaine, autant vous dire que pour les interviews c´est fljöþ***.

*** Fljöþ c´est l´islandais pour “flop”, c´est le bruit que fait un hareng qui chute sur un champ de lave

Il y a du Romeo (interpreté par Di Caprio), du James Dean et un peu de Fernand Reno aussi dans ce Gabriel a l´humeur melancholique mais joueuse, a l´humour ravageur, aux grimaces impromptues, au visage d´ange et au coeur sur la main ; on lui est fichtrement reconnaissant du temps, de l´energie, de la patience qu´il nous a temoignes, en nous faisant decouvrir, eberlues, ses coins preferes de “Fjallabak”, ce qui signifie “derriere la montagne” et correspond en verite a toute une region volcanique que nous avons sillonnee, entre le volcan Hekla et le terrible Landmannalaugar. En un mot comme en 100 : Takk*.

* Les islandais consomment bcp de produits alimentaires americains et les noms de ces produits sont passes dans le language courant. Pour dire “merci” on dit “Tikk Takk (r)”, qui a ete abrevie en “Takk (r)” apres la reforme de la grammaire en 2004, pour dire “s’il te plait” on dit “Snickers (r)”, et pour dire “J’ai passe une excellente soiree j’ espere que nous aurons l’ occasion de remettre ca” on dit “Hellman (r) !” (et on ajoute “Real Mayonnaise (r)” si vraiment c’etait la soiree de l’annee).

Car “Fjallabak”, l’Islande se mue en une autre terre, une autre planete, minerale en apparence, agitee d´une vie souterraine, parcourue par les oiseaux et de rares hommes, perdsu ou passionnes, un monde capricieux aux coleres telluriques ; l´obsidienne remplace le blé, et de prairies il n´y a plus, là où la mousse seulement recouvre les champs de lave petrifiés dans leur ultime effort. Les reliefs sont soulignés de rouge, de jaune, de noir et d´ocre – les couleurs folles de cet univers ou l´oeil perd la raison. Quelque part, dans une grotte oubliée, Gabriel nous racontait les destinées funestes ou heureuses des hors-la-loi islandais, qui parfois pour un larcin mineur fuyaient dans les glaciers, parmi les volcans, au-dela des coulées de magma figées, pour echapper aux autorites – certains ont ainsi survecu jusqu´a 17 ans dans les terres interieures, dans un pseudo nomadisme troglodyte … ca vous donne une idee de la trempe des islandais.

Vous allez dire, “vous avez pas pedale grand chose les enfants” et vous aurez raison, car apres Fjallabak nous avons ete adoptes par Nicole, une autre figure tricolore expatriee en territoire nordique, par amour de l´Islandais et de son cheval méché, mais fidele a mon motto je ne vous en dirai pas plus de notre affection pour cette grande dame pour ne pas deflorer tout du livre a venir ni du film d´ailleurs.

Quant a miss Lirio : Delfe lui apprend des tas de trucs inutiles mais incontournables comme claquer la langue ou siffler, et elle est tout aussi flexible et paisible et tous terrains qu´elle est impermeable a l´autorite.

Ahem.

“Lirio, je ne veux pas que tu manges des cailloux
– Yaaaaaaa !
– Lirio, encore une fois, non ! Pas les cailloux !
– Gnagraaaaaaaa !”

Je lui tape gentiment sur les mains.
Elle recommence.
Je tape un brin plus fort.
Elle me regarde.

“Gagnaaaaa !
– Non, tu n´as que 4 dents alors tu ne les flingues pas en mangeant des cailloux ! Tu laisses ca aux Trolls c´est leur job.”

Elle recommence pour la 10eme fois en quelques minutes.

“Non non et non !”
Je m´emporte un brin et lui tape plus fort sur la main avec ma cuillere.
D´un coup sec, elle me tape elle-meme sur la main, l´air contrarié, puis envoie promener ma cuillere, avant de se jeter de nouveau sur les cailloux avec un regard noir de défi…

“Gagnaaaraaaaaa !”

Et ouais, gagnera.

Nous avons par la suite reussi a detourner son attention des caillous (les trolls ont ete tres clairs sur ce point****) et desormais elle mord à pleines dents dans les citrons. Sans commentaire.

**** Les trolls ne sont generalement pas des creatures tres claires, ni tres volubiles d’ailleurs, mais mettons qu´on ne chipote pas longtemps avec un morceau de montagne de 3 metres qui dans sa position la plus redressée a les epaules au dessus des oreilles et des mains comme des lames de chasse-neige…

SEQUENCE MARKETING
(taratataaaaaapouetpouet)

– notre remorque Nordic Cab nous donne pleine satisfaction ; c´est un peu comme de passer d´une voiture citadine a un break spatieux, on peut y stocker mille et une choses – comme un bébé par exemple, elle est pratique, solide, elle tient la petite au chaud et au sec (pas une fuite, pas une coulure, pas un rhume a declarer). La rupture de l´attache metallique, resoudée aussi sec par un garagiste islandais plein de ressources et habile du chalumeau, n´apportera meme pas d´ombre au tableau de ce premier mois, car on concede qu´on atteint largement (pour ne pas dire plus) la limite de charge utile preconisee par le constructeur et qu´en plus on enquille des pistes pas toujours faciles – bref, jusque la, du bonheur !

– les ameliorations apportées par notre nouveau sponsor Christian et son entreprise LSPG Soudure (lui et son fils ont modifié les haubans arrieres de Buzzz pour qu´on puisse y installer un frein a disque) sont une totale reussite ; Delfe est rassurée que nous ayons 2 freins a disque et moi je suis content d´avoir pu lui enlever son frein a tambour mais ne lui dites pas svp ca la contrarie.

– les sacs de couchage et la tente fournies par Helsport, et bin c´est de la balle ; bon la tente on savait elle a fait le tour du monde avec nous, et les sacs de couchage sont a l´avenant, douillets, techniques et chauds.

– le sac de couchage pour Lirio, offert par Kaiser, est tres satisfaisant aussi, la petite l´adore, et il n´y a qu´a la voir entortiller ses doigts dans la fourrure d´agneau quand elle s´endort paisiblement le soir au bivouac avec vue sur les icebergs qui derivent nonchalemment vers l´ocean sous le regard attendri des goelands roooooo pour avoir envie de faire une bise au sponsor (en meme temps la voir s´endormir reste un spectacle en toute circonstances, forcement, et un relatif soulagement aussi, soyons francs)

– nous crash-testons sur ce périple les ponchos de pluie special velo de notre copain Francis, qui a monté sa boite sur Grenoble : Spad de Ville concoit et fabrique des accessoires pour le cycliste urbain (et/ou nordique en l´occurence) qui n´a ni froid aux yeux ni peur de se mouiller la chemise – enfin non justement, le FULaP de Francis est un peu le super-poncho du 3eme millenaire et sans hypocrisie aucune, moi qui avais des doutes quand a l´efficacité du bignou, je me dois de reconnaitre que jamais rien de nous avait tenu au sec comme ca en moults annees de voyage a vélo ! Bien plus efficace qu´une tenue Goretex pour rouler sous la pluie et rester au sec et au chaud. Bravi bravi bravo… (si seulement on avait eu ca en Chine et au Tibet…) Bon il y a un inconvenient, c´est quon fait peur aux gens et aux moutons. Les premiers s´enfuient, les seconds courent devant le tandem en droite ligne et braillent comme… comme… comme des moutons pardi – et ca finit parfois en mechoui.

GRAND JEU A DEUX BALLES
Que signifie FULaP ?
(allez faut laisser courir son imaginaire un peu…)

Vous allez me dire, “c´est quoi ce bluff, Damien qui est integralement content ? pas une raillerie, pas une critique, pas un sarcamse ?”
Bah non, sans rire, tout va bien, super bien.
Je suis pas si sarcamsatique que ca en plus. Je prends de la ventoline.

Sauf que si.
Quand meme.
Sauf qu´on est revenu en ville, ou heureusement, la charmante et gourmande Andrea nous heberge, ce qui nous permet d´oublier pour quelques jours le monstre qui vient de nous engloutir : LA ville.
La seule.
L´empire du beton, du klaxon, de la conduite a la con.
Et ses innombrables habitants qui fourmillent sous le soleil nordique et dans les vapeurs des champs geothermiques… – je sais je sais j´en fais trop, ils ne sont que 200 000…
Reykjavik…

A suivre…

 

 

***********

ENGLISH

 

Godan Dann or something similar.

Had Neil Young been sitting on one of our saddle bags over the 6 hours of ride it took us to reach Reykjavik, that would probably have been a tune he would have sung – I know that´s a complicated sentence. Because, Dude, our quiet ride through the Icelandic country side wasn’t more than a nice remembrance all of a sudden: a narrow overcrowded road, trucks by the dozen, not even flinching to leave us some space, and cars with their angry drivers gesturing at us and honking like madmen to make sure a heartattack would top the dreadful sensation of being utterly unwelcome if not aimed at.

Mind you if Neil Young was idly sitting on our tandem without pedaling, singing silly tunes and smiling to the audience, he’d get kicked in the bot’ fast enough. Where do you think you are, Neil, uh? on some cycling vacation? at Woodstock or whatnot? you wanna ride, you pedal, it’s as easy as that. Really those hippies…

For some mysterious reason, people become insane as soon as they sit behing a steering wheel.
I mean, look at us for instance: to sit behind our handlebars has made us wisest, more careful, more patient – if not more beautiful even but was it really needed?
On may only conclude that driving a car isn’t good for one’s mental health, whereas riding a bicycle has a wonderful impact on both your brain and body – looks and intelligence. Anyway, I’m getting carried away.

It all very nearly spoiled our utter happiness at riding around that jewel of a country that Iceland is.
Very nearly.
But not quite.

There first is a couple, Andrea and Unnar are their names, which welcomed us in its home in a peaceful suburb of Reykjavik the Great.
Andrea’s seemingly endlessly full tank of positive energy switched our mind rather radically from that distateful and uncivilised ride to the good-natured Icelandic spirit. Unnar’s quiet sense of humor and straight-to-the-point thinking added to the lovely touch of our stay at their home. And allowed us to think back on the last few weeks.

We had left our friends at Glacier Guides in SKaftafell on a very windy day – 60 to 80 kms an hour of, mark my words, TAIL wind. Our tandem had not wheeled but rather flown its way over more than 85 kms of road in half the day… and it kept its promise of effortless riding over the followind days. In a blur, we enjoyed even if barely noticed the succession of green pastures, mountains darken by the recently fallen ashes from Eyjafallajokull, lava fields covered in green moss, distant farms glowering in the setting sun.

On a rainy day, we broken the steal hitch of our trailer, and had lots of fun finding a fix for it in the middle of a 60 kms wide lava field deprived of human life, under the cover of our rain ponchos. Ah, really, life’s just a treat (the improvised fix honorably survived several days and we eventually found a garage in a village where the mechanic was ressourceful and well equiped and the hitch was welded back in one piece, only stronger than before).

We then met with a piece of France in Southern Iceland: in Hella lives the French Philippe Patay; he and his family run a now famous trekking agency names Fjallabak.

Fjallabak.
“Behind the Mountains” in Icelandic.
That’s precisely where Gabriel, Philippe’s son, took us for 4 magical days: behind the Mountain – ie the Hekla volcanoe – lies a world hostile yet beautiful, a land of minerals and lava fields, of colors the eye is unaccustomed to. Yellow, red, brown, flashy green. Bewildering rock formation. Dark and unmoving lakes. Browsing the spectacular sceneries offered there to my sight, I can only understand why the locals longe to fill this universe with life. Trolls and Elves indeed bring to a seemingly dead world a sparkle of activity, a burst of presence, that counterbalance the whole moon-like effect. JRR Tolkien would have looked no further for the appropriate background of any Mordor story. Peter Jackson, had he not been from New Zealand in the first place – a country that is indeed very similar to Iceland in many ways, from the endless diversity of the landscapes to the fantastic and positive, alternative spirit of its Folk – would surely have shot his films here.

We left the Patay family bewildered and voodooed. We are very grateful to them for those marvellous days. Gabriel has been a fantstic guide, and a good friend. Takk.

We then also stayed a while on a farm where French born Nicole and Icelandic Jon breed Icelandic Horses – magnificent animals.
And 2 beautiful human beings with a story of hardship, love and success in a country that gives its inhabitants no choice but to survive in the most demanding conditions.

That’s what led us all the way along the Southern part of Iceland to Reykjavik, where, with all due respect, we enjoyed some sight-seing and some well earned rest.

As for little Lirio: Delfe teaches her essential usuless things like snapping her tongue or whistling, and she is as flexible and quiet as she is immune to authority.

Ahem.

“Lirio, I don’t want you to eat stones.
– Yaaaaaaa !
– Lirio, once again, no ! No rocks and no stone !
– Gnagraaaaaaaa !”

I gently slap her hand.
She does it again.
I slap a tad harder.
She looks at me.

“Gagnaaaaa !
– No, you’ve only got 4 teeth so please don’t ruin them all eating gravel! Leave that to the Trolls it’s their job.”

She does it for the 100th time in 4 minutes.

“No no no !”
I get a little bit upset and softly slap her hand with my spoon.
she grabs it, throw it away and then slaps my hand herself, before diving on the gravel and resuming eating it with a look of superb victory.

“Gagnaaaraaaaaa !”

Indeed.

We finally diverted her attention from rocks (the Trolls have been very clear on that point) and she now eats whole lemons.
No comment.

And the story continues…
[photos: http://www.flickr.com/photos/42365735@N02/sets/72157624398506560/]

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