Hygiène sèche

les toilettes sèches dans ma Tiny House

Les toilettes sèches

C’est d’une telle évidence désormais pour moi que je peine à savoir par où commencer pour en expliquer le bien-fondé…

Dans l’état de nature cher à Rousseau, les animaux consomment produits de leur environnement, les digère, défèquent et ces éléments nutritifs retournent à la Terre Nourricière – sous une forme légèrement différente, certes. Il s’agit cependant d’un cycle. Je suis un animal, je prends au milieu de quoi me nourrir, j’y prélève les nutriments nécessaires à mon fonctionnement qui transitent via mon métabolisme et j’évacue le reste qui repart alimenter le-dit milieu.

Et que fait notre civilisation ?

Elle nous inculque d’extraire ces éléments biologiques de leur cycle naturel (qui ne consomme rien en tant que tel) et de les ré-injecter dans un cycle artificiel (donc, évidemment, consommateur de ressources, de temps, d’argent) ; pire ! le-dit cycle utilise pour vecteur de transport l’eau, laquelle est notre ressource première la plus précieuse sans doute, et dans laquelle nous balançons les déchets de nos tripes.

Comment dire… mais c’est complètement marteau ! débile ! absurde !

Ça nous va bien de brocarder l’avion ou la voiture et de dénoncer les marées noires et les décharges à ciel ouvert (toutes causes pertinentes par ailleurs) si on continue de déféquer dans notre eau potable, bon sang !

On va m’opposer, peut-être, que je suis un obscurantiste ennemi du progrès qui veut nous renvoyer au Moyen-Âge… Que nenni. J’en parle dans mon article sur la vie de zèbre, j’ai besoin de que ma vie fasse sens. Tout, dans ma vie, doit être censé sinon je n’y accorde pas foi ni attention.

Pour citer Mark Boyle à nouveau, sur les notions de “méthode civilisée” ou “saine”… Accordons-nous cette digression sur l’analyse qu’il propose de la tradition anglaise incontournable : faire le thé.

La façon “civilisée” de faire du thé

  1. sous-payer des gens en Inde pour planter, cultiver, récolter la plante
  2. l’expédier 6000 kilomètres plus loin par avion ou bateau
  3. l’acheminer par camion jusqu’à un magasin
  4. se rendre au magasin en voiture
  5. acheter une boîte de sachets de thé 4,25€ ; ce qui est assez décalé compte-tenu de l’énormité du procédé qui l’a amené jusqu’ici, sans parler de toutes mes forces ouvrières impliquées
  6. rentrer chez soi en voiture
  7. brancher la bouilloire et recevoir instantanément via des kilomètres de réseau une électricité immédiate
  8. rajouter du sucre (on ne s’épanchera même pas sur le mode de production de ce poison là…)
  9. boire et – à court terme – se sentir stimulé par la caféine
  10. après un instant, se sentir fatigué – le contre-coup de la caféine – et, ironiquement, déshydraté – le contre-coup des tannins
  11. à long terme, à cause des tannins contenu dans le thé, assimiler de moins e n moins de nutriments et donc voire de plus en plus de thé (cqfd)
  12. uriner, c’est à dire expédier dans de l’eau potable les toxines contenu dans le thé, les nutriments de notre alimentation que ses tannins nous auront empêcher d’assimiler
  13. noter sur une liste qu’il faudra retourner au magasin acheter du thé…

La façon “insensée” de faire du thé

  1. aller faire une promenade autour de chez soi
  2. cueillir quelques herbes – de l’ortie, du plantain, de la mélisse par exemple
  3. faire un petit feu dans le poêle
  4. bouillir un peu d’eau de pluie filtrée
  5. infuser les herbes dans un broc
  6. remplir une thermos pour plus tard et savourer une tasse maintenant
  7. se nourrir des nutriments
  8. s’hydrater
  9. aller uriner sur le compost dehors en profitant de la vue et en se réjouissant que cela fertilise le sol

Merci Mark, c’est très explicite.

Revenons à notre caca.

Un WC sec permet d’adresser nos besoins naturels en tant que tels, sans polluer d’eau, sans solliciter de cycle artificiel créé par l’homme ni donc de consommer des ressources additionnelles. Mes selles retournent directement à la terre, mieux encore : ma terre, car mes déjections, elles rejoignent mon compost qui rejoint mon jardin. Cqfd

Tu es sceptique ?
(humour…)

Formulons autrement, veux-tu ?

Des chiffres exorbitants

De 6 et 12L d’eau sont évacués à chaque chasse. Les toilettes engloutissent près de 30 litres d’eau par jour et par personne. Si le système de chasse d’eau est ancien, la consommation d’eau peut même atteindre les 50 litres!

  • 1 chasse d’eau : c’est 6 à 12 L d’eau potable
  • Sur un an : c’est environ 10 m³ d’eau par personne

Vous pouvez vous référer au prix précis du m³ facturé à votre résidence. Pour un m3 au prix moyen de 5€, on arrive à une facture de 50€ par an pour chaque occupant du foyer.

L’azote contenue dans les déjections de l’humanité représente une masse équivalente à 40 % de la quantité utilisée dans l’agriculture mondiale, pour nourrir les sols et assurer des rendements élevés. Dans le règne animal terrestre, ce pourcentage nous positionne à la deuxième place après les bovins et avant les porcins. Or, si les déjections des animaux d’élevage retournent à la terre, contribuant ainsi à nourrir les sols, le traitement que nous appliquons très majoritairement à nos déjections fait qu’elles ne réintègrent pas le cycle naturel de formation de l’humus, indispensable à des terrains fertiles.

Le premier niveau de traitement que nous effectuons tous quotidiennement, intervient lorsque nous tirons la chasse d’eau. Sur une année, ce petit geste insignifiant, mais ô combien pratique, voit le mélange des 4 à 500 litres d’urine et 50 litres de fèces, que chaque individu produit en moyenne, aux 10 à 15 000 litres d’eau généralement potable. Ces mètres cubes d’eau souillée sont à leur tour dilués dans le restant de nos effluents domestiques (eaux de cuisine, de lavage et de douche/bain) dont la moyenne est d’environ 35 000 litres. Or, quelle que soit la technique utilisée pour le traitement de ces eaux, une quantité non-négligeable de micro-polluants (pesticides, substances médicamenteuses, nitrates) finit toujours dans les rivières, faute de pouvoir être éliminée en amont.

source Univers Nature

Est-ce que désormais tu saisis ?

A défaut de faire caca dans les bois comme une bête, construire et utiliser un WC sec au quotidien et le composter, c’est la garantie de :

Mes toilettes préférées ? les forêts… (comment ça je me répète ?)

Lors de notre virée dans le grand nord canadien, Florian Gomet et moi avons eu le privilège de nous abriter dans plusieurs cabanes, qui toutes, évidemment, de la plus vétuste à la plus contemporaine, étaient dotées de WC secs – il ne viendrait à l’idée de personne de faire autrement en plein “wild” ; mais alors pourquoi trouve-t-on ça normal “à la ville” ? Comment ce confort a pu nous aveugler au point de trouver naturel de faire de notre transit une affaire si compliquée, polluante et énergivore ?

LA MARCHE SANS FAIM

“En marchant 360 km et 14 jours sans rien manger, je voulais démontrer l’incroyable pouvoir du corps humain.”

Florian Gomet

360 kilomètres, 0 calories : les monts Mackenzie sans manger…

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Idées reçues

Non, ça ne sent pas mauvais.

Non, ce n’est pas compliqué.

Non, ce n’est pas vecteur de maladies…

Oui, c’est pratique.

Oui , c’est écologique.

Oui, c’est économique.

toilettes sèches

Mode d’emploi

Dans notre habitat groupé Les Feuillettes, nous avons équipé notre appartement de toilettes sèches maison. Mon ami Tibo a fabriqué le caisson en bois, dans lequel nous avons serti un séparateur urine/selle en fibre de verre et aménagé une réserve de sciure. Je dis sciure mais nous alternons : sciure récupéré dans les scieries locales avoisinantes, copeaux du jardin, feuilles mortes broyées… tout ce qui est carboné, naturel, facile à trouver.

Bande dessinée : Mode d'emploi des toilettes sèches | Blog Toilettes sèches  Lécopot

Dans ma Tiny, le pipi retourne directement dans les champs ; à l’habitat groupé, je n’ai pas pu mettre en place une évacuation aussi simple encore, j’y réfléchis (ça me perturbe…).

Dans les deux cas, la chasse d’eau est effectuée avec l’eau (minimale, on l’a vu) de nos douches que nous récupérons dans un seau. Donc je ne consomme pas d’eau propre/potabilisée pour ce faire.

Comme ça, on pollue pas l’eau et Tibo, mon héro dans Tuani, il est content parce que l’eau, il préfère se baigner dedans…

Toujours est-il que, à chaque commission, deux louches de sciure et le tour est joué !

Hey ouai ! pas folle la guêpe…

Pour tout savoir sur les toilettes sèches on peut se référer à ce PDF bien foutu ma foi.

Conclusion : deux actions majeures pour ta santé et celle de ta planète, c’est de te laver et de faire tes besoins à sec !

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2 commentaires sur “Hygiène sèche”

  1. Tu n’es pas seul, ça c’est sur!!
    Chez nous, vie en yourte dans les Alpes de Hautes Provence, pas d’eau courante plus de la moitié de l’année. Cependant la source et la rivière à proximité coule toute l’année. On compte en moyenne une douche succincte une fois semaine (avec lavage de cheveux longs pour moi) shampoings bio mais je cherche encore à faire mieux!
    Quand il fait beau, on passe tous à la toilette de chat dehors avec marmite et gants de toilette!

    Puis toilettes sèches toutes ouvertes avec vue sur la foret c’est magique l’hiver et rigolo quand il pleut, voir même caca direct dans la nature! Pipi c’est toujours dans la nature cependant! Et c’est le paradis 😉
    J’aimerais aussi faire la transition papier toilette/bouteille d’eau, pour arrêter de consommer ce déchet!
    Ca me fait trop bizarre les toilettes à chasse d’eau maintenant.
    Pour notre bébé de 7mois on compte les minis bains sur les doigts d’une main depuis sa naissance, sinon c’est liniment maison et hydrolat. Puis quand il fait beau, petite bassine dehors et hop !
    Bisous à votre jolie famille!

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