Quelques Chiffres Sur Nos “Amis” Les Bêtes

«Les animaux sont les principales victimes de l’histoire, et leur traitement par l’élevage industriel est peut-être le pire crime de tous les temps.» Tels sont les mots définitifs qui ouvrent un texte publié dans le Guardian par l’historien Yuval Noah Harari. Un texte où il replace les mauvais traitements infligés par l’être humain aux animaux dans le long terme :

«Quand les premiers humains ont atteint l’Australie il y a environ 45.000 ans, ils ont rapidement conduit à l’extinction 90% des grands animaux. Ce fut le premier impact significatif de l’Homo sapiens sur l’écosystème de la planète. Ce ne fut pas le dernier.»

Il plante ensuite le décor du sort des animaux aujourd’hui :

«De nos jours, la plupart des grands animaux vivent dans des fermes industrielles. Nous imaginons que notre planète est peuplée de lions, d’éléphants, de baleines et de pingouins. C’est peut-être vrai sur la chaîne National Geographic, dans les films Disney et dans les contes pour enfants, mais cela ne l’est plus dans le monde réel. Le monde est habité par 40.000 lions mais il compte environ 1 milliard de cochons domestiqués; 500.000 éléphants pour 1,5 milliard de vaches domestiquées; 50 millions de pingouins et 20 milliards de poulets.»

Et conclut :

«Le cœur du problème est que les animaux domestiqués ont hérité de leurs ancêtres sauvages beaucoup de besoins physiques, émotionnels et sociaux qui sont négligés dans les fermes. Les éleveurs les ignorent fréquemment sans en payer le prix économique.»

Ces prises de position ne sont pas nouvelles de la part de Yuval Noah Harari. Dans son livre Sapiens, une brève histoire de l’humanité, il écrit ainsi :

«Oui, l’agriculture industrielle satisfait les besoins matériels des animaux. Mais elle n’a pas d’intérêt intrinsèque pour leurs besoins émotionnels et sociaux. Le résultat est une souffrance à très grande échelle. On peut débattre du fait qu’il s’agisse ou non du pire des crimes jamais commis par l’humanité, mais voici quelque chose qui doit certainement nous préoccuper.»

A l’appui de son analyse, Yuri cite notamment le philosophe Peter Singer, auteur du livre La Libération animale (1974). Comme l’explique Libération, dans cet ouvrage, «les animaux sont […] élevés au statut d'”individus” […]. La condition animale y est abordée comme une question éthique, l’auteur n’hésitant pas à la comparer à l’esclavage des Noirs américains ou à la condition féminine». Il s’agit de la bible de l’«antispécisme», mouvement qui dénonce les discriminations en fonction de l’appartenance à une espèce.

 

repêché depuis Slate.fr

Le Monde se fait le relais du message également :

Car qu’est-ce qu’un abattoir ? Un lieu où l’on tue à la suite des individus qui ne doivent leur naissance qu’à la programmation de leur mise à mort : les animaux de boucherie. Des tueurs (selon le terme professionnel) sont rémunérés pour cette activité instituée au cœur des sociétés les plus policées et les plus fières de leurs valeurs. L’historien du droit et psychanalyste Pierre Legendre s’interrogea naguère sur « l’étrange statut de l’assassin patenté, payant patente au fisc ou payé pour tuer », le tueur d’abattoir ; celui qui « en réalité ne tue pas, il travaille », mais qui « en vérité, tue, et voilà tout le mystère ».

(…)
C’est évidemment la singularité de ce lieu, un lieu clos, soustrait aux regards, un lieu entre soi dans lequel on tue, tranche, dépèce, qui explique l’ordinaire des « entorses à la réglementation ». Laissant aux tueurs un blanc-seing, les services vétérinaires admettent se préoccuper des seuls aspects sanitaires, à l’autre bout de la chaîne, une fois les animaux morts. Que voulons-nous, finalement ? Que dans les abattoirs les animaux soient traités comme des « êtres sensibles », sujets à la « détresse » et à « l’angoisse » ainsi que le reconnaît le législateur, alors qu’ils sont, dans le même temps, la marchandise livrée chaque jour, par camions entiers, sous une forme imparfaite qui sera rapidement corrigée, des victimes qui sont déjà de la viande, c’est-à-dire rien ?

source : http://www.lemonde.fr/idees/article/2016/03/01/cessons-de-croire-aux-contre-verites-de-l-elevage-industriel_4874407_3232.html

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