DNews 22 – Le pote à qui ?

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Lhasa, capitale du Tibet.

Une petite auberge à l’écart du tumulte chinois, dans une ruelle où les mômes jouent au football.

 

J’ai déjà vu ça quelque part…

D.1 : Bah oui, on a pas bougé.

D.2 : Une grande chambre avec trois lits – même Buzzz a le sien. Les gérants sont un couple de jeunes chinois supers sympas, gentils, discrets et serviables (un miracle ici…). On a rencontré plein de cyclos voyageurs super cool, comme Didier, un instit’ français adorable qui fait de la vidéo comme nous. Nos amis Birgit et Martin nous ont finalement rejoint… du coup avec tout ça on traîne un peu avant de redécoller.

 

Vous quittez Lhasa quand du coup ?

D.2 : Demain on prend la route. Ayé. Hein Mig ?

D.1 : Tout ça nous a permis de passer plus de temps dans Lhasa, de visiter le temple du Jokhang… C’est une première dans notre voyage : on assiste ici à des manifestations de foi impressionnantes. Le Jokhang est le centre du monde bouddhiste tibétain maintenant que les Chinois ont transformé le Potala en un musée à leur profit. Les pèlerins de tout le Tibet débarquent sur la place du Jokhang dès l’aube…

D.2 : Un spectacle inoubliable. Hallucinant. Des centaines et des centaines de Tibétains, avec des calles en bois aux mains, des tabliers de peau de yak pour protéger leurs vêtements, du caoutchouc sur les chaussures, et tout ce monde qui se prosterne en psalmodiant. Une marée humaine qui s’allonge au sol pour vénérer Bouddha et les Daïla Lamas. Ils ont parcouru des centaines de bornes pour venir ici.

D.1 : On a visité le temple lui-même qui est le Lourdes local. Les Tibétains l’explorent en file indienne, religieusement, touchant de la main et du front tout ce qui passe à portée – à tel point que les fresques murales sont grillagées pour les préserver. Dans une lourde ambiance – pénombre épaisse, bougies en beurre de yak, l’odeur rance des corps pressés les uns contre les autres, les litanies… – on passe par des enfilades de chapelles dédiées aux différents Daïla Lamas, groupées autour d’une vaste salle décorée de bas-reliefs où les moines trient leur fortune comme autant d’Oncle Picsou, dans des bassines énormes remplies de billets.

D.2 : Les dévots glissent des biffetons dans tous les coins. Et les « touristes » dont nous avons momentanément fait partie (encore que comme d’habitude on y va à l’aube pour avoir des images sans Occidentaux…) les touristes donc payent 70 yens. Où va l’argent on sait pas. Les moines tibétains, tout le monde les imagine comme des icônes de la sagesse et de la bonté. Sais pas bien… C’est en tous cas des business men aguerris – le moindre temple coûte cher et prendre des photos une fortune sans même parler de tourner. Je rêvais de dédicacer un tournage à la vie quotidienne d’un moine. 1500 yens (150 €) pour sortir la caméra dans un monastère célèbre. Faut pas déconner non plus.

 

Vous partez avec quelle impression générale de la capitale tibétaine ?

D.2 : On savait que comme une bonne partie du Tibet déjà la capitale est noyée sous l’invasion chinoise.

D.1 : La plupart des commerces, échoppes, institutions, sont tenues par les Chinois. C’est eux les « chefs ». Et les flics comme l’armée sont partout, partout partout, complètement paranos et stressés au moindre rassemblement. Le jour de notre arrivée, on a donc garé Buzzz devant le Potala. Comme toujours en 5 minutes il y a 35 personnes autour. Les flics paniquent, nous demandent avec l’amabilité qui caractérise les Chinois de dégager : à coups de grands gestes énervés. On s’exécute non sans râler et jeter quelques regards noirs et prendre notre temps – surtout Damien… Et 3 rues plus loin, à la recherche d’une auberge, bah rebelote on provoque un attroupement et l’angoisse des flics, qui au demeurant ne nous adressent jamais la parole, tant terrifiés qu’ils sont d’entrer en conflit avec des Occidentaux.

D.2 : Moralité, inconsciemment, on s’est cantonné (ah ah) au quartier tibétain de Lhasa. Autour de notre auberge, ce sont des ruelles très étroites, des maisons hautes aux façades blanches, aux fenêtres de bois peints de toutes les couleurs, aux toits décorés des éternels drapeaux et fanions tibétains. Les vendeuses de frites, les réparateurs de moulins à prières, les marchands de tissu, les étals de viande de yak au soleil, tout ça… et on aime beaucoup. Enfin pas le yak qui pourrit au soleil.

D.1 : Ni les cochons entiers aux yeux cousus et aux entrailles qui débordent, hein D2 ?

D.2 : Je passe. On change de sujet ?

D.1 : Le fromage par exemple ? Les Tibétains vendent un seul type de fromage mais décliné selon plein de présentations : en copeaux, en blocs, à la cuillère…

D.2 : Toutes aussi mauvaises les unes que les autres. On aime les Tibétains, leur calme, leur charme, leur discrétion. Mais désolé, leur bouffe est pas bonne.

D.1 : On te demande de parler de Lhasa, sinon…

D.2 : Ah. Ouais. Lhasa, donc, comme je tâchais de l’expliquer, si on fait abstraction de la cité chinoise qui envahit le site, c’est un endroit fascinant et avec beaucoup de charme. Mais voilà presque 10 jours que nous y sommes et ça me semble suffisant pour s’en imprégner et l’explorer. Je suis très heureux d’avoir réalisé un (de plus) de mes rêves. Ca reste Lhasa tout de même…

 

Et du coup, le Potala dans tout ça ?

D.1 : Bah en fait, on l’a filmé sous tous les angles mais renseignement pris, il n’y a plus d’activité dedans – juste quelques moines factices postés par les Chinois pour faire vrai.

D.2 : Et puis on s’est payer 100 yens pour sponsoriser l’occupation chinoise et voir les richesses invraisemblables des moines et les tombes en or massif des Dalaï Lamas quand les vrais Tibétains qu’on a croisé sur notre route vivent dans des tentes de peaux et mangent du tsampa (orge moulu) matin midi et soir, c’était pas notre style. On boycotte.

D.1 : Le Potala était le siège du gouvernement tibétain, la résidence du Dalaï Lama et le centre de la foi. Aujourd’hui c’est une attraction à touristes qui profite aux Chinois. Non Merci.

D.2 : Faut reconnaître aux Chinois le bon sens (marketing ?) d’avoir préservé et mis en valeur le Potala. De l’extérieur ça reste une expérience quasi religieuse pour nous, voyageurs – et… vidéastes bien sûr. On y a passé 1 cassette…

 

Et maintenant ?

D.1 : Direction Katmandu.

D.2 : Avec, on espère fort, un détour par le camp de base de l’Everest. Rien de moins. Ca va chauffer dans les mollets et cailler dans les tentes. On a déjà pris nos premiers flocons de neige sur le coin de la tronche et c’est que le début.

 

 

 

 

D.Chiffres

6 heures de tournage rien qu’au Tibet – par comparaison on avait tourné 35 heures sur la première année et demi…

100 yens = l’entrée au Potala

1500 yens = le droit de filmer dans un monastère (un sponsor intéressé ?)

9 = le nombre de cyclos réunis autour d’une table devant un ordinateur avec Planète.D

… 20 mails envoyés par D.2 à différentes entreprises

3 = le facteur de multiplication des prix qu’on nous demande dans la rue pasqu’on a des têtes d’Occidentaux – sur quoi on se regarde l’un l’autre scandalisé et on se barre… et on nous court après en nous demandant combien on veut payer…

15 yens = un thé dans un bar branché = attrape-couillons-de-touristes

4 yens = 8 petits choux chinois fourrés délicieux

1400 yens = une nouvelle paire de chaussures pour D2…

3 nouveaux sponsors pour Planète.D = Mavic (jantes), Sapim (rayons), Schwalbe (pneus) et la chasse continue (tu connais un fabricant de moyeux ?)

 

 

Messages à caractère informatif

 

Morceaux Choisis

 

« Et toi tu viens d’où ?

– Germania.

– (elle a dû partir avant 1944 celle-là…) »

– une belle cycliste Allemande anachronique avec son vélo d’époque

 

« Tous nos projets Planète.D c’est bien joli, mais j’voudrais faire des enfants un jour.

– …

– Et pas trop tard.

– (mais c’est bon ça…)

– Hein ?

– Non je pensais, Planète.D avec des enfants c’est super marketing ! »

– D.1 et D.2 ou l’horloge biologique et l’homme d’affaires

 

« Argl ! punaise ça sent le yak comme dans le temple du Jokhang ! »

– Maud, baroudeuse française pas séduite par le Momo tibétain

 

« Maintenant que je vois vos vidéos j’ai qu’une envie : retourner dans le Kashgar et tout refilmer ! »

– Dino, cyclo voyageur italien et vidéaste

 

« Mon ex copine elle est professionnelle de la vidéo et ce qu’elle fait c’est de la mer*** à côté de Planète.D ! »

– le même (on se fait mousser…)

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