DNews de mars : back in Grenoble city (AUTARCIES À LA BOBINE)

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Ayé, voilà.
C’est décidé.

Je vais changer de métier.

Ma voie est désormais toute tracée.
Je serai Yogi.
Et par n’importe quel yogi : yogi du froid.
Parfaitement.
Je sais. La nouvelle vous ébranle.
C’est pourtant l’évidence.
Mais d’abord, il faut que je vous dise…
Humm. C’est délicat.
Comment aborder la chose de façon… sans… avec beaucoup de…
C’est à dire.
Eh bien.
Ahem.
(soupirs…)
(inspiration)

PLANÈTE.D PROJETTE AUTARCIES À LA BOBINE (GRENOBLE) CE JEUDI 27 AU SOIR ET PUNAISE J’ESPÈRE VOUS Y VOIR NOMBREUX !
Ahhhhhhh.
Ca va mieux.
Donc.
Yogi du froid.
C’est à dire que j’ai développé ma propre technique du yoga du froid, voyez-vous.
(ne plissez pas les yeux ça vous vieillit de 25 ans)
(et avant de poursuivre : pour jeudi je suis preneur d’un coup de main pendant la soirée et je suis à Grenoble l’après midi, à bon entendeur salut)
Alors.
C’était un jeudi. Un mercredi.
Non.
Peu importe.
J’étais, de façon assez incongrue pour un charrapontin (un dvd à celui qui me dit ce que c’est avant 15h) et d’une façon générale un isérois, perché en haut d’un sapin à 300 km au nord du cercle polaire, au fin fond de la Laponie finlandaise.
Je filmais.
Je filmais Nathalie Courtet, comme tous les jours depuis une semaine.
Elle passa gracieusement sous mon arbre, tel un semi-remorque bariolé avec sa pulka aussi lourde qu’elle, et s’éloigna vers le firmament (à ne pas confondre avec la firme de papa) alors que tombait la neige, mollement, avec désinvolture, comme pour nous dire « vous voyez les 3 mètres de poudreuse que j’ai déposé sur ce plat pays depuis 4 mois ? ça vous impressionne ? mais c’est de la rigolade. Je peux continuer comme ça jusqu’à ce que les plus hauts sapins ne ressemblent plus qu’à des brosses à chiotte » (ce que la neige peut être vulgaire parfois).
Nathalie passa donc, et j’exécutais un élégant mouvement de ma perche au bout de laquelle pendant ma caméra.
C’est le bruit de frottement qui m’alerta.
Pas un bruit genre « pfrrrrrrrrrouuuuu » et la délivrance.
Non.
Un bruit genre « crouic » et la captivité.
Dans mon élégance rare, perché en haut de mon sapin par -22°, en doudoune et chaussures grands froids (je ne commence même pas à t’expliquer le labeur pour grimper là-haut) je m’étais coincé une branche dans une écoutille d’aération de ma veste. Le sapin étant particulièrement élastique, je me découvris prisonnier à 3 mètres de haut et par des latitudes ridicules.
Et la neige tombait mollement, comme pour dire « t’as l’air malin perché comme ça un bras en l’air comme un point d’interrogation, j’espère que t’as du temps devant toi parce qu’il ne passe pas grand-monce par ici »
Nathalie, les oreilles battues par les vents, ne m’entendait pas m’époumoner vainement.
La neige, toujours elle, étouffait vicieusement mes appels au secours.
Bref, long story short, 6 heures coincé en haut d’un sapin au crépuscule en Laponie, le temps que Nathalie regarde dans son rétroviseur, ça donne du temps pour réfléchir et inventer son propre yogi du froid.
Parce que la Laponie, c’est d’un ennui.
Sérieusement.
Le silence est tel qu’on est assourdi par le battement de son propre coeur.
Les panoramas ne changent pas d’un flocon pendant des centaines de kilomètres.
Le vent coupe la parole, le souffle, les jambes.
Les Lapons… eh bien les Lapons ne sont pas couillons, ils se barrent loin au sud l’hiver, donc côté conversation il te reste les aurores boréales.
Et voilà que je me coinçais en haut d’un foutu sapin.
Bon je vous raconterai une prochaine fois comment fonctionne mon yoga du froid.
C’est à manier avec précaution, alors je préfère attendre pour vous en parler.
De fait, j’ai voulu le pratiquer sur ma terrasse, qui est en bois massif, et maintenant je suis bien embêté quand je fais visiter et qu’on me demande « c’est quoi l’empreinte roussie en forme de fesses là ? »

Sinon-sinon-sinon. Autre petit instantané de la vie trépidante du petit réalisateur indépendant pour qui n’a pas Facebook : un mardi avec le permis, près du Cap Nord, contact 7h, conduit jusqu’à 22h ; le lendemain, contact 4h30, conduit jusqu’à 22h. Qques rares pauses pour remplir le réservoir de gasoil et vider celui de pipi, je mange et bois en conduisant (je sais…). En tout, 1500 km parcourus avec James depuis le Cap Nord jusqu’à Skelleftea en Suède pour attraper mon avion tout à l’heure. 1500 km de routes enneigées, croûtées de glace, souvent balayées par des vents peu aimables (parfois + de 100 km/h de travers en rafales), sur lesquelles il fait nuit l’après midi déjà, dans un camion invraisemblablement mal foutu pour ce type de trajet (centre de gravité super haut, freins aux abonnés absents, propulsion, lourdeur…) et vieux qui n’a que 4 pneus neiges à proposer contre les assauts de l’hiver, pourtant doux, de la Laponie, le pays où les autochtones ne sortent pas acheter une brique de lait sans leur 4×4 équipé de pneus cloutés. Quand je ferme les yeux je vois mes mains cramponnées sur mon volant, et mon pare-brise envahi de neige, et mes oreilles bourdonneront encore qques jours du bruit du moteur. Le roulement réparé au Cap Nord a tenu ! Mais quand un gars du coin me dit, en désignant une route enneigée qui correspond à ce que j’ai eu de mieux, qu’il faut mieux des pneus cloutés et un 4×4 pour rouler 200 km « là-dessus » et que je pense que James en a avalé 1600 en deux jours, plus les 1000 et qques des semaines passés, tempêtes comprises (dans le Finmark et le Nordkinn), je me dis que finalement, l’aventure à ski, raquettes ou fatbike, c’est presque confortable… Bravo James ! Bon, tout ceci étant dit, je savais bien à quoi m’attendre et emmener James au Cap Nord faisait parti du pari pour moi ; je ne l’aurai pas fait si au fond je l’en savais capable ; et j’ai tellement l’habitude de ce vieux crabe que faut croire que j’arrive à la conduire à peu près n’importe où.

Damien
pour se désinscrire il faut d’abord m’amener 10 personnes jeudi 27 à la Bobine et me faire un bisou et alors là je veux bien
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