[Tiny House] Neverland existe! Chapitre premier : les extérieurs

La vie est étonnante, comme me le répète un allemand cher à mon cœur. Cela fait maintenant 10 jours que j’habite cette magnifique maison de bois, toute petite en effet. C’est un rêve de gosse qui se concrétise, comme si j’avais construit ma cabane idéale. Je mange, travaille, lis, dors et me lave dans un environnement confortable, très lumineux, tout doux avec ses boiseries, et d’un coup d’œil j’y vois tout ce qui constitue mon chez-moi. C’est un sentiment très apaisant, très relaxant. Je souris tout seul comme un enfant à Noël. Et l’adulte en moi et fort satisfait car presque tout s’est déroulé comme prévu. Bien. C’est le moment de commencer notre visite. Bienvenu à bord de Neverland sur la Planète.D 🙂

 

And to begin…

Les racines du projets

Depuis « Les Granges » jusqu’à « Eden Circus »

De 2013 à 2017, j’ai vécu dans un habitat groupé que j’ai contribué à fonder avec une bande de belles personnes (des familles essentiellement). 8 appartements dans une maison vaste, lumineuse et colorée, de conception solaire passive. 4 années de partage, d’amour, de bien-être et de maturation/apprentissage. La vie collective est incontournable pour moi. Ce n’est pas une option. Quand j’ai du quitter le projet (parce que la maman de mes filles m’a quitté et qu’il fallait bien qu’un des deux s’en aille, pas du tout parce que j’étais arrivé au bout de mon bonheur là-bas), j’ai tout de suite fondé un nouveau collectif pour démarrer un autre projet d’habitat groupé à côté. Mais je savais que du temps s’écoulerait avant que ça ne se concrétise. Alors, j’ai pensé que vivre en Tiny House pour ces quelques années serait pertinent et riche. Que ça me conviendrait et me ressemblerait.

Riche…

La naissance de « Neverland »

Autrement dit, où convergent mon goût pour une vie simple et sobre; la petitesse de ma fortune; mes rêves de gosse à propos de la cabane ultime… Je crois sincèrement que la vie est meilleure si elle est simple. J’ai eu le privilège de l’expérimenter pendant plusieurs longs voyages à vélo autour du monde. Je ne veux pas dire facile, non. Facile, elle ne l’est pas. Mais simple, elle peut l’être. Moins de possessions, moins d’entretien, des équipements jolis, sains, de la lumière et des belles choses à prix raisonnable. Un sacré programme en réalité.

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Vues extérieures

Je suis un privilégié.

Vraiment.

Je suis globalement privilégié par la vie. D’aucuns diraient « chanceux ». Mais privilégié sonne mieux : comme si je le méritais.

Dans ce cas particulier, voilà pourquoi : quand j’ai commencé à parler autour de moi de cette idée de Tiny House, un couple d’amis qui gère et exploite une petite ferme bio sur une colline à côté m’a dit « hey bien, quand ça sera fait, tu pourras venir la poser chez nous ». Il y a des gens comme ça. Esprit grand ouvert, cœur énorme, toujours un sourire et une idée géniale pas loin, ou un câlin tant qu’on y est.

Le lieu, c’est la ferme Le Chant Des Blés, et Françoise & Yannick sont mes bienfaiteurs. Avec Jean-Charles, qui a passé près de deux semaines à mes côtés pour les travaux – on en parlera plus tard – et quelques autres bonnes âmes de passage.

Ma Tiny House est ainsi douillettement installée sur une petite butte entourée de montagnes, dans un écrin de vert parsemée de vieilles maisons. Je fais mes courses directement chez Yannick & Françoise qui donnent ponctuellement un petit marché avec leurs fruits et légumes délicieux (mais vous les trouvez également via l’AMAP locale – Pontcharra / St Maximin – et surtout des marchés officiels alentour).

C’est calme et reposant. Ressourçant et source d’inspiration. Le cheval voisin m’a salué d’un renâclement lors de mon arrivée, j’ai pris ça pour un bon signe. Et je remercie Françoise & Yannick chaque jour depuis.

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J’ai dessiné le toit en forme de vague. Cela a permis, sur les conseils du fabricant, de maximiser le volume interne – prévu pour 4 on le verra dans un futur article. Tout en adoucissant le style extérieur – j’aime bien les courbes délicates…

Le fabricant, c’est Jean-Maxime Gonzalez et son auto-entreprise, « Nature Projet Bois ». Je parlerai plus en détails de lui ultérieurement, mais voici son site.

Dès le début, j’ai prévu que mon fourgon aménagé fasse partie de l’équation. Avec une terrasse pour communiquer et circuler entre les deux. Laquelle doit être abritée du soleil comme de la pluie. Cette terrasse, avec mon ami Jean-Charles nous l’avons fabriquée en 3 blocs distincts : pour la structure, des poutres de charpente recyclées de l’habitat groupé, et pour la surface, des lames de terrasse en pin achetées au magasin de bricolage à côté. Le tout peut se manipuler pour ainsi dire seul et se monter/démonter en quelques heures. Passer du fourgon à la tiny et réciproquement est tout à fait fluide. Comme le camion comporte 4 places assises et couchettes, on peut dire que je suis désormais le propriétaire d’une villa pour 8 version roulante. Funky.

Et sous la terrasse… magie ! voilà un espace de rangement et stockage – de surcroît abrité des intempéries en bonne partie grâce à nos voiles d’ombrages. J’y cale :

  • des réserves alimentaires sèches (conserves de lait de coco, levure de bière, sauce tamari, fruits secs et oléagineux) dans des grandes caisses plastiques hermétiques
  • l’aspirateur et autres ustensiles ménagers avec lesquels je ne me vois pas dormir ni me doucher
  • mon matériel de sport – skis, sacs de couchage, pièces pour l’entretien et la réparation des vélos – dans des sacs étanches

Oui. Je suis minimaliste sur beaucoup de choses et néanmoins je reste à la fois un jouisseur et un enfant : j’ai des jouets. Des vélos, des skis, une slackline. Le minimaliste n’est pas l’ascétisme. Le minimalisme c’est s’affranchir petit à petit du superflu. J’utilise mes vélos, le ski de randonnée fait mon bonheur, mes filles aiment jouer et s’amuser. Cqfd. Un peu d’astuce et d’organisation et tout le monde s’y retrouve. Non ?

 

J’adore sauter de la Tiny au fourgon sans même y réfléchir comme s’ils étaient faits pour être accolés. Cela ajoute de l’espace mais un sentiment de cocon : depuis la terrasse on est entouré par la Tiny et le fourgon sur deux côtés mais le panorama s’ouvre partout ailleurs sur du vert, des montagnes et quelques maisonnées.

Quel pied !

 

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Conception « solaire passive »

La tiny n’a pas l’inertie thermique de l’habitat groupé, mais pourtant j’ai voulu la concevoir comme un bâtiment solaire passif : elle a donc une orientation. Un mur Sud plein de vitres, un mur Nord aveugle, et de petites fenêtres à l’Est et à l’Ouest pour que l’air et la vue circulent. Je joue sur l’élévation de mes voiles d’ombrage en fonction de la saison (enfin, c’est le plan) pour me protéger du soleil l’été et le laisser passer l’hiver tout en m’abritant de la pluie (elles recouvrent le bord de la toiture). L’isolation est performante, ainsi que l’aération.

Électricité solaire

L’installation électrique (presque) autonome de la Tiny est composée d’une section solaire photovoltaïque avec deux panneaux d’une puissance de 270W chacun.
Ces panneaux sont raccordés à un onduleur d’une puissance de 2500 watts suivi d’un régulateur de charge puis de 4 batteries d’une capacité chacune de 90 Ah. Deux batteries de secours sont en fin de circuit, je peux commuter dessus si les batteries primaires sont vides.

L’éclairage est quasi totalement du LED pour réduire la consommation tout en assurant un confort visuel optimal. Ce n’est pas le plus sain ni le plus écolo mais voilà, c’est ce qu’on a choisi dans l’immédiat !

Le système a été sous dimensionné, car le camion jumelé avec la Tiny – mon fidèle Stanley – est également équipé d’un système solaire autonome photovoltaïque de caractéristiques équivalentes (seule différence, il n’a que deux batteries).

La liaison des deux permet d’avoir le camion comme réserve d’énergie par le biais d’un inverseur : j’y choisis ma source électrique en fonction des réserves qui sont stockées dans mes différentes batteries. Si ça ne suffit pas, pendant plusieurs jours de mauvais temps, typiquement, il y a également la possibilité de se raccorder par une prise EDF.

En résumé, je choisis entre deux sources d’énergie :

  1. mes panneaux solaires et mes batteries internes (primaires ou secondaires)
  2. une source extérieure qui peut être mon fourgon ou le réseau public (en back-up quand le mixeur a sucé toutes les batteries pour faire des glaces…)

Le système autonome électrique photovoltaïque me semble un outil approprié pour avoir une démarche éco-citoyenne en économie d’énergie.
En effet l’énergie la moins cher à produire est celle qu’on ne consomme pas, dit-on. Et au niveau du recyclage les équipements solaires ont fait d’énormes progrès.

Voilà un aperçu du réseau électrique dans la Tiny, en attendant des photos de l’intérieur la prochaine fois.

J’ai intérêt à réduire la puissance des appareillages utilisés dans la Tiny : ampoules LED, appareillages de classe A + voir A ++… j’ai soigneusement listé toutes mes machines et fait une simulation la plus précise possible. Au quotidien, je fonctionne avec

  • un ordinateur de bureau,
  • un mixeur,
  • un blender
  • un extracteur de jus
  • une petite bouilloire
  • un petit frigo que je compte débrancher l’hiver (et stocker son contenu sur ma terrasse au froid)
  • un chauffe-eau électrique (secondé par un chauffe-eau gaz si le solaire ne donne pas assez)
  • en hiver s’ajoutera une résistance pour maintenir l’arrivée d’eau hors-gel

Si vous avez des demandes spécifiques sur le solaire, contactez de ma part mon copain d’Elec Eko Lahouari. C’est lui qui a réalisé intégralement la partie photovoltaïque du projet. Il assure, il est sympa, disponible et bosseur.

C’est fini pour aujourd’hui les amis ! Dans les prochains articles nous pourrons explorer l’intérieur, qui recèle bien plus d’intérêts que l’extérieur finalement 🙂

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[chapitre second : ‘la vision’]

[toutes les photos sont ]

à suivre… poser vos questions dans les commentaires et je veillerai à y répondre dans les articles suivants 🙂

 

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9 thoughts on “[Tiny House] Neverland existe! Chapitre premier : les extérieurs

  1. Bravo, les photos sont très belles et vous êtes doué pour la « bricole » !! 🙂
    Pour ceux qui souhaitent auto-construire, comme moi, c’est rassurant et ça fais rêver. Merci pour ce partage.

    • Merci ! Lancez-vous, foncez (mais entourez-vous d’ami(e)s qui savent et connaissent : je ne suis pas super bricoleur, visionnaire oui , créatif bcp, mais pas des masses bricoleurs… seulement j’ai la chance d’avoir de bons amis qui le sont !)

  2. En attendant notre rendez-vous j’ai prit beaucoup de plaisir à découvrir ton habitation et ton ingéniosité. Ca a été un beau moment de te lire et de visionner les photos. Bravo pour ta démarche, c’est super.
    Céline

  3. Bonsoir, malheureusement tres mauvaise connection et je n’ai pas tout ecouté sur « le sucre » malgré que fortement interessee. Mon fils est DID depuis presque 15 ans, est ce qu’il peut ameliorer sa vie avec le cru, les jus etc sachant que c’est des sucres rapides, que son regime alimentaire inclus les feculents en sucre lent mais qu’il a de plus en plus souvent des maux de ventre , des diarrhees, et une forte envie de rester au lit parceque « sans energie »
    Est ce que le cru est possible pour lui, avez vous deja eu des cas de DID pour ameliorer leur vie et redonner surtout gout a se lever tous les jours et a accomplir plein de choses ? J’ai bien ecoute vos explications sur les glycemies pour les Type 2 diabetiques dans l’autre video.
    Comment faire pour concilier la maladie qui est là bien presente, l’insulinotherapie necessaire, et le passage au cru pour un bienfait de sa vie ?

  4. Salut Damien,
    Encore merci pour la petite visite hier soir! Cela n’aura fait que confirmer notre choix et notre motivation à réaliser notre projet de nouvelle vie simple et en adéquation avec nos convictions et notre association! Tu auras très certainement des nouvelles de nous 😉

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