#Autonomie

Ma fille Luce a toujours adoré les outils et la bricole

Je ne surprendrai personne, normalement, si je déclare que j’ai toujours vu mon rôle de papa comme fondamentalement axé sur

  • prodiguer un amour incommensurable – oralement, physiquement et (im)matériellement – à mes filles
  • prendre soin au quotidien, rassurer et (ré)conforter mes enfants
  • guider, éveiller, instruire et façonner un esprit vif, humaniste, pertinent et doué de bon sens chez mes petites fées

L’autonomie est donc une notion-clef, un pilier de mon modèle pédagogique. Je n’hésite pas à confier des tâches importantes à mes enfants ; quitte à ce que le résultat ne (me) convienne pas car les erreurs sont autant d’étapes vers le succès et la maîtrise d’une activité ou d’une notion. A l’adulte que je suis de prendre sur soi pour assumer.

Or, quand l’enfant reçoit dès le plus jeune âge la confiance de l’adulte et son encouragement à développer en toute quiétude de l’autonomie, sans craindre l’échec ni les représailles, sans pression, le parent savoure la joie immense de voir mûrir au quotidien un petit être plein d’initiative, innovant et apte à la vie sociale tout à la fois.

En témoigne la table que je découvre à mon retour de courses un matin, après que j’ai laissé mes filles dormir paisiblement pour aller vaquer à divers obligations logistiques. En mon absence, elles ont d’elles-mêmes façonné un festin pour le petit-déjeuner, puisant de l’inspiration dans un ivre de crusine, utilisant leurs couverts et ustensiles que j’ai veillé à rendre compatibles avec leurs âges et aptitudes en toute sécurité.

Oui, dans le contexte approprié – à savoir que je laisse un mot d’explication aux petites, les “voisins” (c’est à dire la colocation d’amis qui siège à 10 mètres de la Tiny House, la boulangère qui œuvre dans le four à pain juste en face de mon fourgon ou encore les maraîchers qui travaillent dans la serre quelques pas sous notre terrasse) étant prévenus et ayant validé qu’ils opéreraient un léger monitoring et les filles sachant très exactement qui aller solliciter en cas de besoin – dans le contexte approprié donc, je laisse mes filles seules parfois, par petites périodes. Et c’est justement d’avoir suivi et guidé leur apprentissage de l’autonomie qui me donne toute confiance en elles car je les sais matures, futées et raisonnables, capables et indépendantes.

Et c’est là un cadeau mutuel somptueux !

autonomie

nom féminin

(grec autonomia)

L’autonomie est une notion clef également pour les écovillages que nous avons visités lors du projet Autarcies

Rendre mon enfant autonome ne signifie pas le livrer à lui-même, le sanctionner injustement pour ses initiatives, l’abandonner ou lui confier des responsabilités démesurées. Tout est affaire de bon jugement et d’accompagnement.

Ainsi formulé par les auteurs du blog “Super Parents“.

Voir le blog Super Parents

Retrouvez notre série “Partis au petit bonheur

Les bases essentielles de cette apprentissage de l’autonomie sont pour moi :

  • de laisser faire mon enfant en désactivant mon propre besoin et mon propre niveau d’exigence
  • de lui fournir un environnement adapté à ses moyens dans lequel il puisse faire preuve d’initiative : ustensiles sans danger mais efficaces, tabouret léger et maniable pour accéder aux espaces et rangements, etc.
  • de pratiquer un constant renforcement positif pour qu’il cultive la confiance en soi et en sa capacité d’initiative

Quid des erreurs ?

Me direz-vous…

Pour le protéger ou lui éviter des frustrations, certains parents freinent parfois les élans d’autonomie de leur tout-petit.

article sur “la quête de l’autonomie” sur naître et grandir

C’est là pour moi une erreur capitale, mais je parle bien d’une erreur commise par l’adulte ! Certes bien intentionnée mais contre-productive. La frustration, l’erreur, sont autant d’étapes incontournables dans l’édification d’un esprit sain dans un corps sain, j’en suis convaincu. Mon rôle d’adulte est de laisser mes filles s’exposer tout en veillant à juguler d’éventuelles conséquences néfastes et d’accueillir avec elles la frustration, la déception, l’échec qui n’est jamais qu’une étape vers la maîtrise.

Responsabiliser mes filles n’est pas un fardeau, bien au contraire : c’est pour moi un allègement considérable de tâches domestiques et c’est pour elles l’assurance de construire une solide autonomie, une belle confiance en elles et un sentiment de profonde satisfaction.

Surtout quand je m’exclame d’admiration devant le buffet qu’elles ont confectionné et les couvre de mercis et de compliments.

Maria Montessori l’avait fort bien compris. Vous pouvez vous initier à ses notions éducatives, par exemple, sur ce blog.

Je pourrais citer comme autre exemple – il y en a pléthore – cette soirée récente où j’ai laissé les petites auto-gérer leur coucher lors d’une fête. “Je vous fais confiance les filles. Vous restez jouer dehors avec les copains sans vous éloigner, mais d’abord vous lavez vos dents et dès que vous sentez la fatigue, vous la respectez et vous allez dormir dans le fourgon, calmement.” A une heure raisonnable, elles se sont mises au lit d’elles-mêmes, ont lu une petite histoire paisiblement et se sont endormies contentes. Le lendemain, j’ai eu le plaisir de pouvoir les féliciter une fois de plus pour leur grande autonomie et leur bonne appréciation de la juste mesure, renforçant ainsi et leur satisfaction et leurs bonnes initiatives.

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