DNews 37 – Le Grand Retour

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Les Marches, Savoie

La douceur du retour… La boucle est bouclée et je retrouve ma Savoie natale avec beaucoup d’émotions. Les premiers instants sont confus, les bons et les mauvais souvenirs resurgissent et je n’arrive pas à faire le tri. Mais très vite je suis accueillie en famille, et c’est si simple finalement de retrouver les personnes qu’on aime. Tout naturellement. Mon cœur explose de joie et en même temps je me sens sereine, mes émotions ne me paralysent plus, j’ai appris à les savourer. Je me sens à ma place, je vis dans l’instant et je prends mon temps – comme on l’a fait pendant plus de 2 ans –  je satisfais de menus plaisirs, des discussions autour de bons repas, des rires, des confidences, de la lecture, du barbotage dans la piscine… Je ne pense pas au voyage, j’ai peur de la nostalgie qui est là tapie au fond de mon cœur. Il m’arrivait même sur la route d’être nostalgique du début du voyage alors aujourd’hui je sais que la moindre image peut raviver ces pincements au cœur. J’en parle facilement mais je refuse de voir des photos ou des vidéos, je sais que je ne suis pas prête – surtout que je n’ai pas envie de l’affronter. Je ne me concentre que sur l’euphorie et le plaisir de ce séjour en famille. Avec en plus la force et la sérénité que notre aventure m’a données. Tout me semble si simple, comme si j’avais décidé que rien ne pourrait entacher le bonheur qui est le mien, comme si être heureux c’était un choix et que je n’en démordrai pas.

Je n’échapperai ni aux challenges ni aux épreuves de la vie, mais je me sens indestructible.

 

Merci à Martine et Michel, pour m’avoir offert ce retour en famille et en douceur,

Delphine.

 

 

Vernon, ville natale de votre serviteur, 1er août 2008.

Aujourd’hui ma Manline, la Maman de ma Maman, fête ses 80 ans. Je l’attends, assis sur mon lit d’adolescent. Je ne l’ai pas vue depuis 3 ans. Dans quelques jours, nos parents kiwis adoptifs et adoptés, David et Sue Sweet, seront là aussi, pour célébrer avec nous le Grand Retour. Le monde est petit… et on a roulé autour.

Il y a toute une vie dans cette chambre. Les guitares, les posters, les fringues. Les bouquins que j’ai lus et relus, ceux que j’ai oubliés. Ceux que je ne pourrai peut-être jamais quitter. Les souvenirs débiles qu’on ramène de ses premiers embryons de voyages comme autant de preuves nécessaires de l’accomplissement. Pour montrer qu’on y est allé, là-bas. Comme des cases qu’on aurait cochées dans une liste des destinations.

Me voilà de retour « à la maison ». Et pas un bibelot ne m’encombre les bras après 2 années et demi de périple. Rien. Le peu qu’on m’a offert, donné, j’ai tout semé au vent, j’ai tout offert et donné à mon tour, mon périple je l’ai gravé à jamais à l’intérieur.

J’ai appris à voyager léger. Libre comme l’air. A ouvrir mon coeur et ma tête et pas le porte-monnaie. A reconnaître la richesse du voyage dans les instants vécus, partagés ; dans les bonnes âmes rencontrées. Ca personne ne peut me le voler. On peut me prendre mes guitares, mes bonnets péruviens, mes fringues, jusqu’à mon vélo même dont la perte me fendrait pourtant en 2. Mais on ne peut effacer de ma mémoire le tourbillon de bonheur, de peine, de souffrance et d’émotions que ce voyage a été pour moi, a fait de moi et de ma vie.

Ce voyage qui a commencé ici.

A la tête du lit, une affiche « 3ème Salon du livre d’aventure de Vernon ». Dans le séjour, les murs sont occupés par des photos de nous, enfants. Mon frère et ma soeur. Au milieu un triple portrait de Delfe et moi au Tibet. Un planisphère qui porte une cicatrice : le Grand Détour tracé au feutre par l’équipe technique principale, ma famille. Tout concorde. Je regarde le globe terrestre et je les imagine, jours après jours, mois après mois, avec au coeur l’inquiétude mais aussi, sûrement, la fierté, de me suivre dans mes pérégrinations. Les jours de nouvelles, on prend le stylo et on ajoute un bout de monde à l’aventure, on se regarde en souriant, on ose pas trop dire à haute voix le calcul qu’on fait tout bas – quand sera-t-il rentré, le bougre ? Parfois on partage ses craintes. D’autres pas. On se ménage. On s’imagine. On se serre les coudes. Discrètement.

Etre ici me ramène à la genèse du Grand Détour.

Une famille unie, un soutien sans faille, un appui de tous les jours. Un appui depuis toujours.

Bien sûr, les 2 zigotos à l’écran, sur les télés, c’est nous ; bien sûr on est le centre de l’attention. Le noyau dur. La tête d’épingle.

Mais, finalement, que la partie émergée de l’iceberg. On prend tous les risques mais on récolte tous les bénéfices. Les gens de l’ombre apportent humblement leur pierre à un édifice qu’ils n’occupent pas. Qu’ils ne convoitent pas. Nous faisons preuve de courage ; eux de grandeur d’âme.

La réussite de cette entreprise, c’est à eux que je la dois. Famille, proches, ami(e)s, rencontres qui ont, patiemment, résolument, apporté leur petite touche au grand canevas que nous avons tissé autour du monde et dont aujourd’hui encore le motif nous échappe, parce que ce sont eux qui en sont les artisans. Nous n’en sommes que l’inspiration.

Ils sont bien trop nombreux pour que je puisse ici citer leur nom, quand bien même l’envie en est grande.

A chacune et chacun, j’ai déjà dit « merci ». Ils se reconnaîtront. Je voulais juste finir sur cette note.

Cette aventure, elle est née en moi, mais c’est grâce à vous qu’elle a poussé, mûri et abouti. Vous avez été, toutes et tous, sa lumière, son eau, son sel. Son levain. Son ciment.

Je vous suis reconnaissant. De m’avoir aidé. A vivre ma vie.

Damien

 

Grenoble, 1er septembre 2008.

 

Vous allez être capables de décrire comment vous vous sentez ? Comment vous appréhendez d’être de nouveau dans une vie sédentaire ?

D.1 : Oui parfaitement capable ;-). Principalement, je me sens prête pour relever de nouveaux challenges. Je me sens comblée, puissante, amoureuse et j’ai une connaissance assez fine de mes besoins, de mes limites.

D.2 : Serein. Solide. Déterminé. Je savoure les moments en famille, les retrouvailles avec « Delfe la femme » après avoir tant vécu avec « Delfe l’aventurière ». Je me sens super bien. Super bien. Un roc, un cap, que dis-je ! une péninsule… Le Grand Détour m’a permis d’assumer ce que je suis, et veux continuer d’être – un artiste – et de tordre le cou au rôle socioprofessionnel que je jouais avant, avec plus ou moins de réussite, celui du scientifique informaticien. Je sais ça sonne prétentieux, « artiste », mais j’ai trouvé un vrai « moi » derrière une caméra ou un appareil photo (sans parler – encore – de musique). Je n’osais pas trop y croire auparavant, maintenant je fonce, je suis prêt à bouffer tout le monde. Quant à la vie sédentaire, tu sais pour le moment elle est plutôt cool. En Normandie c’était une vie d’écrivain ! J’écrivais, je faisais mes recherches, une pause pour aller courir, une autre pour cuisiner un petit plat ou regarder un film. Et l’avenir proche de notre vie « sédentaire » c’est tous les débouchés excitants de Planète.D ! C’est sûr qu’il va falloir se réadapter à un rythme différent, loin de celui qu’on avait dans notre vie nomade. C’est peut-être notre plus gros défi, de continuer à faire de notre vie un feu d’artifice quotidien, comme c’était le cas sur la route.

 

La redoutez vous, la routine ?

D.1 : Aujourd’hui pas du tout, en même temps on n’a jamais vraiment pratiqué la routine 😉

D.2 : La quoi ? Connais pas.

D.1 : On n’est pas parti pour fuir quelque chose alors on est content de retrouver cette vie grenobloise. Oui c’est moins exotique, oui c’est moins excitant, mais on a plein de petits bonheurs ici, à commencer par nos amis ! On a choisi de rentrer et en quelque sorte on accepte une certaine routine. La transition se fait pour le moment bien.

D.2 : Et puis c’est pour mieux repartir. La prochaine année sera grenobloise ça c’est sûr. Après… qui vivra verra.

 

Oui, d’ailleurs, bon, la question qui tue… Et maintenant ?

D.1 : Des DVDs.

D.2 : Un bouquin.

D.1 : Des festivals, des conférences…

D.2 : Des expos photos !

D.1 : Des films pour la télé.

D.2 : Et puis… d’autres voyages. Pleins.

D.1 : Restez en ligne…

D.2 : … on vous tiendra au courant de tout !

D.1 : Vous pensiez pas être débarrassés de nous comme ça non plus hein ?

D.2 : Ah !

 

 

Messages à caractère informatif

  • Nouveau domaine Internet en ligne : www.camerad.eu avec certaines de nos plus belles photos disponibles à la vente.
  • Concours : créez votre page Wikipédia « Planète.D » et les 3 meilleurs remportent un tirage photo de leur choix.
  • Attention ! Planète.D reprend l’antenne avec TéléGrenoble le 10 septembre. Au programme, rassemblement vélo et rediffusions de pastilles. Vous êtes toutes et tous invité(e)s si ça vous tente de vous joindre à nous pour une petite promenade et un plateau télé : l’émission se passera dans les nouveaux studios de la chaîne et les gradins sont réservés en priorité aux amis, partenaires, sponsors et Planète.D alors venez nombreux, on a besoin de vous pour faire du grabuge à TéléGrenoble !

 

 

D.Chiffres

2 centimètres = ce que Delfe a gagné en tour de cuisse (et 10 ans de sagesse me souffle-t-elle dans l’oreille)

0 = la variation du poids de Dams pendant les 2 ans et demi du voyage

+5 et -3 = la variation du poids de Delfe pendant les 2 ans et demi du voyage (référence : 49 Kg)

15 000 = le nombre de kilomètres parcourus (approximativement… et non ce n’est pas beaucoup, on fait pas la course)

2 = le nombre de compteurs usés (d’où le « approximatif » ci-dessus)

32 000 € = le coût global du Grand Détour

2-3 = le nombre d’heures de tournage par jour sur la route en moyenne

88 = le nombre de vidéo de 3 minutes produites pour le web et la télé de Grenoble

8 = le nombre de films produits sur et pour des ONG

12000 = le nombre total de photos (et oui il n’y en a que 4000 sur le site web…)

400 = le nombre de photos disponibles à la vente dès maintenant (format A4 et A5)

55 = le nombre d’heures de tournage

3 = le nombre de roues cassées

2 = le nombre de pneus déchirés

2 = le nombre de selles cassées

2 = le nombre de fois où on a pensé (pensé…) abandonner

2 = le nombre de fois où on a pensé (pensé…) se séparer

30 = l’âge que les 2 Ds prennent au mois de septembre

6584 = le nombre de projets qu’ils ont en tête…

22 = le nombre de pays traversés / visités

2 années et 4 mois et 10 jours = la durée du Grand Détour, soit…

… 825 jours de vie nomade

7 = le nombre de jours passés l’un sans l’autre…

 

 

 

Morceaux Choisis

 

« Mais qu’aviez-vous besoin de faire un truc pareil, à MON âge ! »

– Manline, la grand-mère de D.2

 

« Et Damien est-il toujours aussi attirant de dos après tout ce temps sur le tandem ? »

– Un passant comique

 

« Ah ! Mais je vous connais ! Je vous ai vus à la télé… et alors comment va Buzzz ? »

– Les fans se préoccupent plus du tandem que des 2 Ds…

 

« Delphine, tu me prêtes ton téléphone portable pour jouer ?

– Hey-hey mais c’est que j’ai pas de téléphone moi.

– … (interloqué) »

– Nolan, 5 ans, et les nouvelles technologies

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