DNews de Noël : le DDieu des con(férencier)s (cathéter, accouchement…)

Je l’affirme salmonellement (comme disait Salomon (à l’époque on ne badigeonnait pas avec l’hygiène (non il n’y a pas de rapport et j’ai épuisé mon quota de parenthèses imbriquées))), il y a un Dieu pour les conférenciers. J’en veux pour preuve le déroulement de la journée du 3 décembre de l’An de Grass (l’année de la fumette, quoi) MMXII. Si tu t’en tamponnes va directement là *

11h03. Delphine et moi échangeons un regard salmonel (encore celui-là) : il semble évident que je ne serai pas présent au moment de la naissance de ma seconde fille. Mais retour vers le passé :

01h14. Delphine me réveille. “Tu dors ?” Non, que je dis. “Mais si tu dormais.” Elle insiste. “Tu veux débattre de si je dormais ou non ou bien tu m’annonces que tu as des contractions”. “Tu dormais. J’ai des contractions”. L’univers se rétrécit. “Je ne dormais pas. Je regardais l’intérieur de mes paupières.” L’univers se rétrécit encore. “On va à la maternité.”

07h00. Delphine me réveille. “Tu dors ?”. Je grogne. “Delfe, tu vois le cathéter là ?”. “Je le vois mais je ce que je vois pas c’est le rapport.” Je grimace, mon dos est en compte, je me suis endormi dans une chaise à côté du lit où est allongée Delphine. “Le rapport c’est que j’ai là un cathéter et je sais m’en servir alors arrête de m’asticoter avec cette ritournelle.” Bon, ok cette fois je dormais vraiment. Delphine éternue. Je dis “Bah c’est ça t’a cathéter-nuer…” J’ai dit ça pour détendre l’atmosphère. Delphine me regarde sans ciller (note pour plus tard : cette fille a trop l’habitude de mon humour, en changer). “Damien, il faut que tu ailles chez nous réveiller Lirio et l’emmener à l’école.” Je m’ébroue tel un caribou et sors vaillamment dans la nuit molle. Mais retour vers le futur :

14h00. Je prends la parole devant une 60aine de personnes. Je suis à plus de deux heures de route de Delfe. Je n’ai pas la moindre idée de ce que je dit, pourtant je suis là quand je le dit, mais je ne pense qu’à une chose : “Delfe est en train d’accoucher”. Je souris, je bave un peu (la fatigue), je donne le change (sur combien j’ai oublié) et je lance mon film. Je ne pense qu’à une chose : “Delfe est en train d’accoucher. Sans moi.”

14h47. Je suis aux toilettes. Les toilettes sont très modernes, les lumières se déclenchent automatiquement quand il y a du mouvement. Conséquence logique (?) elles s’éteignent automatiquement quand il n’y en a plus. Je me suis endormi. Aux toilettes. Dans le noir. Je gesticule mais le capteur est à l’entrée, dans un sas, et deux portes m’en séparent. Comme je ne pense qu’à Delfe en train d’accoucher je n’ai pas mémorisé la géométrie spatiale des lieux. Je pense ouvrir la porte mais déclenche le sèche-mains subsonique, sursaute, m’empêtre dans mon pantalon toujours baissé, tombe et me cogne l’occiput (ce n’est pas un gros mot).

14h53. Je suis aux toilettes. Dans le noir. J’ai mal à la tête. Si Delphine était là, elle dirait “Tu as perdu connaissance ?” et ça m’énerverait. J’ai pas perdu connaissance. J’ai contemplé… euh… l’infini de l’instant. Résultat je suis encore plus perdu que tout à l’heure. Et toujours dans le noir. Je pense à Delphine en train d’accoucher. Je pense à 60 personnes en train de contempler avec malaise un écran noir et silencieux et une scène sur laquelle je suis censé être en train de leur parler d’Islande. J’ai une bosse. Là.

14h56. Pendant que je contemplais l’infini de l’instant, ma vessie a fait relâche. A moins que je me sois attrapé au robinet en tombant. Qu’importe, je suis mouillé. Je me saisis de mon téléphone portable. J’éclaire. Je retrouve la sortie. Remonte mon pantalon. Je pense à Delfe en train d’accoucher. Si Delfe était là elle dirait “Tu vois j’ai bien fait de te prendre un téléphone portable.” Je pense que ma seconde fille n’a pas de téléphone portable pour lui éclairer le chemin de la sortie.

14h57. Je suis sur scène. Je m’excuse pour le retard, je dis que j’étais au téléphone portable avec mon amoureuse en train d’accoucher. Applaudissements. Je surprends quand même les regards sur mon pantalon. Je dis qu’il neige dehors. Comme en Islande au mois d’août dans le film. Je ricane. Ils ricanent. Ca marche.

15h46. Je réponds aux dernières questions avec un sourire béat (la fatigue) : “Et sinon vous faites un vrai métier ?” (ma préférée) “Pourquoi vous êtes tout rouge à un moment ?” Je dis que c’est le trou dans la couche d’ozone. Tout plutôt qu’admettre que j’ai merdé avec les réglages de sensibilité à la couleur de ma caméra. Mes zygomatiques ont un bug, je n’ai plus que le côté gauche qui sourit, mais il sourit tout le temps. Je frotte ma bosse à l’occiput. Je dis au-revoir madame. Le monsieur plisse les yeux. Je souris encore, d’un côté. Je bave aussi un peu (re la fatigue).

15h47. Je reçois un SMS de Delfe : “contractions ralenties, toujours pas accouché, mais les choses reprennent bientôt, dans deux heures max la petite tente une sortie.” Je regarde ma montre. Je regarde mon véhicule (James, vitesse de pointe 80 km/h vent dans le dos en descente) Je regarde ma montre. Je regarde James. La montre. James. La montre. Je jure. Le monsieur replisse les yeux (mais que fait-il encore là celui-là ?) Je m’élance. Il pleut. Je glisse. Je me cogne contre James.

19h12. Je serre dans ma main celle de Delphine. “T’as dormi ?” Quelle question… Non bien sûr. Entre Givors et Vienne, j’ai cru un moment. Je me suis repris. J’ai ouvert la fenêtre et mis à fond mon CD de System Of A Down. Il pleuvait dans James. Delphine ricane. “Même fenêtre fermée il pleut dans ton camion.” Je te dis qu’un truc : si t’arrives à dormir avec System Of A Down au volume 26 sur l’autoradio (niveau normal 14) tu n’es pas humain. Je suis humain. J’ai pas dormi.

21h21. “TU POUSSES OUI OU NOM-D’UN-TROLL-À-PLUMES ???” J’ai hurlé. Delphine se met enfin à pousser (jusque là elle se contentait de souffler doucement par le nez, ça rendait l’équipe médicale hystérique, parce que eux savent (nous pas encore) que notre fille est en train de se faire étrangler par son cordon ombilical). “POUUUUUUSSE !” Elle pouuuuuuuusse. Un truc braille, mouvements de blouses, tour de passe-passe, on astique on éponge et hop ! j’ai un petit gollum de 51 cm et 3 kg dans les bras. Ma fille 2. Elle me regarde fixement, des yeux comme des olives. J’entends ce qu’elle pense (la fatigue) : “Dis-donc bonhomme, c’est toi le responsable de tout ce bazar ?” Je hoche la tête. “Qu’est-ce qu’on mange ?”, elle ajoute. “Du tiramisu.” je dis. Tout haut. Delfe ouvre un oeil. La sage-femme me regarde. Le médecin de garde me regarde. Les infirmières me regardent. “La fatigue”, je dis.

22h03. Je serre Luce contre moi, elle est toute nue, moi aussi, la Vie est Un Long Fleuve Tranquille. Delphine émerge. “Tu dors ?” Je crois qu’elle me cherche.
Epilogue : après quelques heures de sommeil, une visite à la mairie et un bisou sur le crâne chevelu de ma deuxième fille, je suis reparti, héros moderne, assurer les projections suivantes de notre film No Man Iceland (père indigne oui…). Luce va bien. Delphine va bien. Je vais bien. 
(“Never let the facts get in the way of a good story…”)
TOUT ÇA POUR DIRE…
… pas grand-chose, c’est vrai.
Mais quand même : *Planète.D2 projettera No Man Iceland en décembre à
Usson-en-Forez ::: Quai des Arts 10/12/2012 (c’est ce soir bordel faut que j’y aille !)
St Chamond ::: Centre Culturelle 11/12/2012
Vaugneray ::: Mairie 12/12/2012
Charlieu ::: MJC 12/12/2012
St Michel Maurienne ::: Ciné Savoie 13/12/2012
Ste-Foy-Les-Lyon ::: MJC 14/12/2012
Villieu-Mollon ::: Mairie 18/12/2012
Ecully ::: Maison de la Rencontre 19/12/2012
Cailloux s/Fontaine ::: Bibliothèque 21/12/2012

Détails+horaires sur notre site :
https://www.planeted.eu/core/news.html?lang=fr

J’ai déjà exprimé ma sympathie (sic !) pour les personnes qui m’inscrivent d’office à leur newsletter, sans que j’ai rien demandé. Après le contact de contact à qui j’écris pour un partage de connaissances professionnelles, qui me répond “Salut. Au revoir” mais entre temps me colle manu militari à sa liste de diffusion dont je n’ai rien à cirer, j’ai trouvé un spécimen particulièrement intéressant :
– 2011, le spécimen me contacte pour une projection à l’autre bout du pays, qui se révèle irréalisable (irréaliste surtout) sans tournée autour ; ce que j’explique, et là plus de nouvelles, mais par contre je suis abonné à l’insu de mon plein gré à une newsletter (absurde, vu les centaines de km entre nous, et puis mince j’ai rien demandé moi)
– je fais remarquer la chose au spécimen, qui se vexe et m’envoit paître
– 2012, je reçois toujours la newsletter (jamais demandée et 900 km entre nous) du-dit spécimen, et quand je fais à nouveau remarquer la chose, je m’entends dire “si si on se connaît je vous avais contacté en 2011 mais vous n’avez jamais répondu”.
Sans commentaire.

Alors par Toutatis, si tu es sur cette DNews et que tu ne l’as jamais demandé, dis-toi bien qu’il y a :
– malentendu ou
– fourberie de Sapin (Molière version Noël : un copain t’aurait-il inscrit à l’insu de ton plein gré ?) ou bien
– distorsion spatio-temporelle peut-être
mais en aucun cas une manipulation déviante de ma part, je n’inscris QUE les personnes qui en manifestent le désir explicitement.
Un mot et je te retire, je n’ai vraiment aucune envie d’emm***erder (loupé) le monde. Je ne veux ici que des abonné(e)s cons, sentants, et peureux. Pardon. Consentants et heureux, bien sûr.
UN COUP DE SPEED
J’ai bricolé ça : 2,5 ans de voyage en 1 minute 30…
Partage si ça te fait vibrer !
Je sais, je sais… c’est pas innocent : bientôt Noël… On me dit dans l’oreillette que les cadeaux Planète.D sont appréciés 🙂

Damien
ps pour ne plus me recevoir, un p’tit message (gentil svp, pas taper)
ps pour me recevoir par email (si tu lis ça sur Facebook) me faire un p’tit mot tout pareil mais dans l’autre sens
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