Mes “Pourquoi” du jeudi : pourquoi tu parles autant à tes enfants ?

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Environ une fois par mois, je prends le temps de répondre aux “pourquoi” qu’on m’adresse – ce sont pour une part non négligeable des interrogations de mes enfants, mais aussi des proches, abonnés, copains… Car je suis comme les gamins, je ne laisse pas de question sans réponse, et j’aime la transparence autant que la curiosité intellectuelle. Petites explications pour grandes questions, c’est ma rubrique des “Pourquoi du jeudi” 🙂

“Pourquoi tu parles autant à tes enfants ?”

C’est très ironique, ça. Ma maman, qui est une maman incroyable de douceur, de pédagogie, d’intelligence émotionnelle et qui m’a transmis ce goût pour la communication, m’a elle-même un jour glissé : “Des fois, je me demande si tu ne causes pas trop avec tes filles…”. Et cette question est revenue à quelques reprises, de la part de parents ou d’adultes que ma proximité et mon intimité avec Luce et Lirio semblent laisser perplexe.

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Intrinsèquement, je crois que la raison est assez simple : si je suis devenu adulte, responsable, autonome et libre, j’ai réussi et n’en suis pas peu fier à ce que cela n’éradique pas l’enfant en moi. Je suis facétieux, idéaliste, rêveur, espiègle, imaginatif et curieux, je ne me donne pas de limite et suis toujours partant pour tenter, inventer, essayer, découvrir et explorer. “Un vrai gosse” est une phrase qu’on m’a souvent asséné à la façon d’un reproche mais qui en vérité sonne à mes oreilles comme un compliment.

Et les gosses, je ne le sais que trop bien, détestent les tabous, les silences, le flou et le non-dit.

– source www.celinealvarez.org

Je déteste les tabous, les silences, le flou et le non-dit.

Alors voyez-vous, c’est comme pour la cantine où l’on force mes filles à avaler des ingrédients qu’elles rejettent de toute leur conviction et de tous leurs goûts. Comment cautionner l’attitude d’un adulte qui impose à l’enfant ce que lui-même ne saurait tolérer ?

Je parle de tout, tout le temps, avec mes filles, pour honorer le pacte que j’ai fait avec l’enfant en moi qui veut tout savoir, tout entendre, tout le temps, qui ne se satisfera jamais d’une esquive, d’un silence, d’un faux-fuyant ; je parle de tout, tout le temps, avec mes filles, pour honorer les individus intègres et respectables que sont Luce et Lirio, pour les traiter non pas en adultes mais en égales, pour leurs donner de l’amour, de la considération, de la matière, du savoir, du grain à moudre dans leurs petits cerveaux géniaux de “gosses”.

– source www.celinealvarez.org

Alors, oui, cela met mal à l’aise, souvent. Les petites m’interpellent sur un sujet qui dérange les adultes – le sexe, le divorce, la mort, le cancer, les violences conjugales, la dépression, la pollution industrielle, la politique – et tout le monde s’attend à ce que je balaye l’interrogation d’un sempiternel “ce sont des histoires de grands”. Et non. Stupeur. Je m’assois, je réfléchis à trouver les mots justes, et on discute.

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Accessoirement, et comme je l’explique volontiers à mes enfants – la première fois, elles étaient stupéfaites – je parle beaucoup avec elles également parce que j’apprends énormément à leur contact. Leurs visions décalées et souvent si justes des choses affine mon regard tout en l’élargissant. Dans l’œil d’un enfant, qui ne connaît pas de limite, il y a toujours plus vaste, toujours plus large, plus loin. Elles me rendent meilleur, cela ne fait absolument aucun doute.

Bien sûr, je ne vais pas essayer de vous faire croire que j’y suis toujours disponible et disposé, ni que je suis un parangon de patience – mes proches le savent, je suis aussi un volcan, et si l’énergie me manque, je me retire en moi-même, intime le silence à mes enfants pour me ressourcer, voire deviens agressif. Cet article n’a pas pour but de vous faire croire en les Évangiles selon Damien. Mais en toute cohérence, on me pose une question, j’y réponds 🙂 N’hésitez pas à continuer de m’interroger. Je suis bavard et je n’esquive pas !

Quoiqu’il en soit, à ce jour je ne compte plus le nombre de fois où l’on m’a loué l’éveil, la maturité relationnelle et la vivacité de mes enfants. Parmi les ingrédients de l’équation aux multiples inconnues qui aboutit aujourd’hui à ces deux petites magiques et drôlement futées, je ne doute pas un instant que quelque part, notre communication continuelle et totale joue son rôle. Et vous, vous causez avec votre enfant… un peu, beaucoup, passionnément, pas du tout ?

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Pour aller plus loin… Le site passionnant de Céline Alvarez

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