Petit coup de gueule amical d’un “marginal” qui s’assume

Je partage ce texte car j’ai beaucoup (de plus en plus…) d’ami(e)s qui adoptent un style de vie (et une hygiène alimentaire, souvent aussi) proches de la mienne et qui sont souvent désarmé(e)s face aux critiques et inquiétudes des proches quant à l’alimentation végétale crue ou le sport (ou encore les voyages avec un bébé…).

Je comprends les préoccupations bien naturelles de l’entourage mais souvent il tient, par simple ignorance et sans mauvaise volonté, des propos injustes. Il déforme ce que vous lui racontez et cela vous donne envie de ne plus rien raconter du tout, de ne plus le partager, et c’est triste.

Vous partez parcourir le monde et on vous taxe de folie ; on vous prédit la violence, la misère, la haine dans le regard de l’autre ou la convoitise. Ca existe. C’est cependant, je le crois, minoritaire, anecdotique, comparé à tous les moments de bonheurs intenses et de fraternité. Et voyez bien que celles et ceux qui vous adresse un tel discours sont souvent, comme je l’ai expérimenté, celles et ceux qui ne voyagent pas et n’en savent fichtre rien…

Vous emmenez votre gamin et on vous juge irresponsable. Souvent, les mêmes personnes qui accusent n’ont aucune idée de ce qu’elles pointent du doigt – cqfd. Je laisse causer. Les proches se font du souci ? Là en revanche, il faut parler. Echanger, les impliquer, les informer. Seul l’inconnu alimente les peurs. Un peu de lumière et tout va bien. Ne pas s’aliéner ceux qu’on aime, ne pas leur faire de peine.

Le plus épineux peut-être… vous ne mangez pas “comme tout le monde”.

 

 

A la crèche une employée, qui sait vaguement que j’adopte et pratique un régime alimentaire spécial et le prodigue à mes filles, me disait “Luce doit avoir faim elle pleure, est-ce qu’elle mange bien ?” (oui, elle dévore…) et dès que je l’ai eue dans les bras elle s’est tue et la personne a constaté d’elle-même : “Ah non en fait elle voulait son papa” (et en outre c’était une période où elle faisait des dents et souffrait toute la journée) : c’est trop facile de tout mettre sur le dos de mes choix alimentaires, tous les autres mômes de la crèche pleurent et font des crises, plus que Luce me dit le personnel, mais on ne dit pas à leurs parents “c’est votre faute c’est parce que vous lui donnez de la viande et des pâtes”. Dès qu’on vous sait un mode de vie marginal il devient le bouc émissaire systématique. C’est dur et souvent rageant. Il faut je crois distiller les informations qu’on donne autour de soi, jauger du récepteur, et ne pas s’offusquer – ce n’est pas personnel, ce n’est pas un complot, c’est la vie, quand on sort du rang le rang nous regarde… et souvent de travers.

Personne n’a décelé un défaut alimentaire à proprement parler chez moi ou mes enfants, ce n’est que réaction d’ignorance et spéculation, je fais des analyses et des tests régulièrement, tout va très bien, et si je n’avais rien dit de mes choix alimentaires personne n’aurait fait ces remarques.

Irène, mon amie naturopathe, a suivi des enfants nourris EXCLUSIVEMENT au végétal cru (dont les parents mériteraient sans doute bcp plus que moi des qualificatifs comme “inflexible”, “extrême”, etc j’en passe et des meilleurs) pendant la grossesse, et l’enfance : elle a observé que les courbes de croissance de ces gamins étaient parfois plus lentes à décoller que celles des gamins “normaux” ; néanmoins ces gamins “cru végétal” – qui sont aujourd’hui des adultes – sont en excellente santé et en pleine forme. L’alimentation moderne industrielle transformée a sans doute créé des géants mais si c’est pour qu’ils soient malades, à quoi bon ? Je me préfère mince (maigre aux yeux de certains qui préfèrent le gras) ou petit mais en forme.

Quand je lis “inflexible” ou “attitudes extrêmes”, pour ne citer que ça des commentaires qu’on m’adresse parfois (rarement mais ça existe), alors que je suis tout le temps dans le compromis, l’adaptation, avec Lirio en particulier, ma fille aînée, que je discute avec elle pour trouver des aliments qui lui plaisent, que je fais à manger jusqu’à 5 fois par jour pour elle, et toujours en cherchant, avec elle, à lui faire plaisir et combler son appétit, que j’épluche les recettes pour recréer des aliments aux saveurs conventionnels à partir de vrais ingrédients sains, y compris cuits, ça me fait mal au coeur. Surtout sachant que quand on lui donne à manger “conventionnel” Lirio réclame tout autant. Quelle est ma responsabilité dans le fait que Lirio ait faim “à l’école” ? Elle mange à la maison tout ce qu’elle veut, cela m’arrive de lui faire 2 repas de suite, et je veille TOUJOURS à ce que son alimentation soit complète. Quand ton gamin a faim tout le temps mais qu’il bouffe des pâtes et de la viande, on te dit “oh la la quel appétit il a !” ; mais si tu es végétalien crudivoriste, on te regarde d’un air courroucé et on te fait remarquer que tu es un bien mauvais parent, à laisser ainsi ton môme affamé. J’ai appris à laisser couler. Dans le cas des plus mesquins, je me murmure parfois pour moi-même “on ne se reverra pas au service de cancérologie”…

D’ailleurs, je suis tellement inflexible et intransigeant et extrême que je lui ai donné ce matin, à mon enfant, comme parfois, pour terminer son petit-déjeuner, une tartine d’équivalent Nutella – mais, comme je suis un extrémiste forcené, j’ai commis le parjure de n’acheter que du nutella bio, sans produits animaliers ni huile de palme, diantre… Et quand Lirio part le ventre un peu creux à l’école, c’est parce qu’elle est infoutue de rester concentrée sur son petit déjeuner et qu’elle va jouer, gambader, grimper au mur (au sens propre, et oui car elle est tellement mal nourrie cette petite qu’elle a une énergie de dingo du matin au soir, fait du sport, m’aide au ménage et à la cuisine…) et que je passe 1h à tenter de la recentrer sur son repas du matin jusqu’à qu’il soit trop tard. Comme tous les parents du monde, sauf qu’encore une fois, eux ne se voient pas incriminés d’office, non. “Il est turbulent”, “il ne tient pas en place”, etc… mais pas “dis donc votre enfant là il ne mange rien le matin c’est parce que vous le forcez à boire du jus de choucroute lacto-fermentée ! parents indignes !”

Les choix marginaux sont un bouc émissaire facile ; personne n’oserait pointer du doigt ces bons parents qui au parc donnent à leurs enfants un goûter qui est rempli de matière cancérigène – c’est le monde à l’envers… je serais un mauvais père parce que je refuse d’intoxiquer mes filles et de plier devant le dictat de l’industrie agroalimentaire, parce que je lis les étiquettes et les listes d’ingrédients avant d’acheter ? Je reste convaincu que non. Ce n’est guère facile de ne pas fléchir, de faire le roseau toute sa vie durant. Mais je pense que ça vaut le coup. Pour nous et pour nos enfants. Inch Allah.

Je suis dans le doute en permanence, demandez à Delfe, mon amoureuse ; je me remets en question tous les jours, je lui en ai encore parlé hier soir. Mais ma démarche passe aussi par une expérimentation et une documentation continuelles, vous le savez, tout le monde le sait autour de moi, pourtant on va accorder plus de crédit/pertinence aux remarques d’une médecin débile lobotomisée par des entreprises qui l’ont corrompue (dans la salle d’attente, de la pub et des “recommandations alimentaires” éditées par les mêmes entreprises qui vendent les produits concernés, bravo l’indépendance de l’information, forcément que le boucher va te dire “mange de ma viande”) ou d’une employée de crèche qui n’a pas la moindre foutue idée de ce qu’il y a dans un boudoir (je parle de cas précis, je ne fais pas de généralités, à la crèche on m’a suggéré de donner des boudoirs à ma fille…). Combien de fois dans ma courte vie me suis je engagé tête baissée, de façon irréfléchie, dans une direction ? combien de mes choix de vie se sont révélés absurdes, dangereux, néfastes, avec le recul ? pour le moment, je trouve que le bilan est plutôt pas mal… Faites la même chose quand une remarque ou une attitude vous ébranle. Faites le bilan de votre vie. Tout ne se résume pas à ce paquet de bonbons que vous n’avez pas voulu acheter lundi dernier. Merde à la fin.
Alors on m’écrit. On m’interroge. On me teste…
“A l’air libre, fruits et légumes crus peuvent perdre 50% de leurs vitamines en 3 jours.”

Donc il faudrait les cuire pour qu’ils perdent 90% de leurs vitamines en 5 min ? magnifique.

“Manger cru n’exclut pas les risques de microbes, bactéries et autres parasites”

 

 

Allez dire ça à Mc Do qui ne sert que de la nourriture archi cuite et bourrée de microbes et parasites, Mc Do qui a été exclu de certains pays d’amérique du sud – le président bolivien, pour la forme mais cela sera peut-être suivi d’acte, a déclaré que les USA étaient responsable de crime contre l’humanité pour la prolifération de Mc Do ; au Mexique, grand importateur du style alimentaire américain, l’obésité a dépassé le niveau des USA. Rien n’exclut totalement les microbes, pas même la cuisson ou la congélation.

“Avec ton régime les vrais sportifs finissent aux urgences.”

Mmmmm est-ce que j’envoie mon CV de voyageur/sportif ou je débats juste du terme “vrais” ?

Faudrait-il donc créer un tabou, ce que je déteste ?
Je ne crois pas. Je continuerai d’ouvrir ma gueule. Et je ne refuserai jamais le débat. Mais j’apprends à doser, esquiver, épargner.

Bon courage à tous les “marginaux”, voyageurs irresponsables, crudivores ou végétariens fous, artistes de leur vie, libres de pensée et d’actes, empêcheurs de tourner en rond et penser en carré. Je vous salue.

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3 thoughts on “Petit coup de gueule amical d’un “marginal” qui s’assume

  1. Je dis “BRAVO”, bravo de se battre pour ses valeurs, ses convictions personnelles. Je dois mener le même combat pour mon enfant. Je dois également me justifier en permanence sur son alimentation. Mais je résiste également ! Le monde est tellement conditionné qu’il est difficile de vivre hors-cadre. Il y a toujours l’ombre d’un jugement, d’une critique qui parfois nous font douter… Et quand le doute s’installe, nous trouvons encore plus de force pour notre évolution, enseignement, nous poursuivons notre quête avec plus de ferveur. L’inconnu fait peur… on préfère rester dans son conditionnement… Alors, vive la liberté d’être soi-m’aime… et merci Damien de crier haut et fort toutes ses valeurs que beaucoup partage !

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