Zébrures ordinaires

Essai/confidences, anecdotes & drôleries,

témoignages, chiffres, faits et infographies

ÊTRE NEUROATYPIQUE AU QUOTIDIEN !

(une lecture bénéfique aux chevaux aussi…)

Bonjour, moi c’est Damien. Et j’ai des zébrures.

Invisibles…

… mais très perceptibles !

Zèbre” est un terme (affectueux ? et de l’ordre de la vulgarisation scientifique, dira-t-on) que les psychologues emploient pour désigner une catégorie de personnes – des humains, donc – qui se caractérisent par leur fonctionnement de leur intellect. Un fonctionnement qui n’est ni meilleur ni pire que la norme, mais qui justement, ne l’est pas – dans la norme. C’est la psychologue de renom Jeanne Siaud-Facchin qui a établi la terminologie et en a lancé l’usage. Elle a beaucoup écrit sur les surdoués – ces petits génies au QI extrême dont je ne fais pas partie – ainsi que sur nous autres animaux saugrenus à rayures : les neuroatypiques.

PORTRAIT-ROBOT RAPIDE (ET VALORISANT…) DU ZÈBRE

  • Hypersensible, (extrêmement) susceptible.
  • Intense / hyper-stimulable (niveau de réaction plus élevé aux stimuli, être “plus ” tout : plus rapide, plus agité, plus attachant, plus exigeant, plus généreux, plus impatient…)
  • Hyperesthésie ou exacerbation des cinq sens (hyperréactif aux stimuli sensoriels)
  • Curiosité exceptionnelle. Imagination débordante, grande créativité.
  • Grande capacité d’observation, note les plus petits détails.
  • Intérêts très variés, saute facilement d’un domaine à l’autre.
  • Peut faire plusieurs choses en même temps (suivre deux conversations en parallèle, parler et écrire, rêver et pourtant écouter…)
  • Recherche la compagnie de personnes plus âgées.
  • Capacité d’attention, persévérance : fortes si l’intérêt y est ; faible, voire nulle, sinon.
  • Grand sens de l’humour (et humour très particulier, souvent incompris).
  • Rapidement frustré s’il ne trouve pas les personnes ou les ressources pour réaliser ses grandes idées.
  • Grand sens de la justice, de l’équité, grande moralité. Intolérance à l’injustice, pour lui et pour les autres.
  • Respect des règles bien comprises (“logiques”), mais tendance à questionner l’autorité non fondée.
  • Idéaliste, altruiste, compassionnel.
  • Grande capacité de raisonnement / résolution de problèmes.
  • Rapidité d’apprentissage.
  • Méthode d’apprentissage particulière, surtout en math (pas moi) et en lecture.
  • Parfois, a lu très jeune et avidement.
  • Vocabulaire extensif.
  • Excellente mémoire.
  • Bon en chiffres, puzzles (pas moi).

“On ne peut pas se penser intelligent, quand on mesure ses propres faiblesses avec la lucidité aiguë du surdoué, qui ne lui permet aucun aveuglement.”

Arielle Adda, dans “Que sont les enfants doués devenus ?”
Petite vidéo de 12 min sur Jeanne et ce qui l’a amenée à étudier les zèbres

“Les zèbres ont un système de pensées foisonnant, plus arborescent que linéaire, et souvent un cerveau hyper-actif qui ne leur ménage que fort peu de repos. Ils s’ennuient vite et ont le besoin de s’inventer sans cesse de nouveaux projets. Quand ça ne les intéresse pas, ils décrochent immédiatement, mais peuvent se montrer d’une ténacité à toute épreuve si tant zest que leur intérêt soit capté. Ils font alors tout pour exceller.
Hyper-réceptifs, hypersensibles, hyper-réactifs, les zèbres réagissent à tout et fort ! Dotés souvent de capteurs sensoriels sur-développés, ils ressentent tout plus intensément. (…) Le zèbre est pourtant soucieux de sa ‘normalité’ et ne souhaite pas paraître ‘bizarre’. Et pour cause : l’hypersensibilité, sensorielle ou émotionnelle, est encore abordée de façon bien péjorative de rime abord – comme un aveu de faiblesse ou une nuisance.
Le zèbre se sent souvent en décalage, hors du cadre, pas dans le moule. Il s’épuise parfois à se sur-adapter pour tenter de se fondre dans le décor… Ou il peut affirmer sa singularité et ses différences pour que son atypisme soit reconnu comme la véritable richesse qu’il est.”

Épilogue du roman “Le bazar du zèbre à pois” de Raphaëlle Giordano

Bon.

Un petit schéma vaut mieux qu’un grand discours…

https://les-tribulations-dun-petit-zebre.com/wp-content/uploads/2015/11/le-cerveau-du-grand-zebre_XL.png
Excellente schématisation de AnneLaure Fontannaz, fondatrice du site Repairage.ch

Intention

C’est au contraire dans une démarche de rassemblement que j’ai eu l’envie de coucher ces pensées et témoignages sur le papier. Car, si les zébrés que nous sommes – pour paraphraser Audiard tout en le détournant, nous pourrions parler des fêlés… – ne sont pas légions et restent minoritaires aux dires des spécialistes de l’âme et ses circonvolutions (Christel Petitcollin avance le chiffre de 30%, je crois, dans son ouvrage “Je pense trop” qui explore les nuances de ce qu’elle appelle, elle, les sur-efficients mentaux ; on peut lire ailleurs des statistiques aussi basses que 10 à 15%), nous ne sommes pas non plus une espère rarissime qui se dérobe au regard et se tapit aux confins de la société. David Vincent nous a vu, nous sommes parmi vous…

Cet article s’adresse donc à mes confrères et consœurs, dans toutes leurs nuances de zébritude, qu’ils se connaissant déjà ou se reconnaissent subitement. Camarades, vous n’êtes pas seuls ! (sic).

“We are together”

Benoît Poolvoerde dans “Les Randonneurs”

Incidemment, j’interpelle dans la foulée les proches “normaux pensants” – c’est ainsi que Christel Petitcollin désigne le tronc commun, la norme, les personnes “normales”. Avec un peu de chance, je réussirai à lever un rien le voile sur des attitudes, actes ou paroles qui les auront laissés perplexes et qu’ils pourront peut-être décoder un peu mieux chez leurs parents “bizarres” !

Je vous souhaite donc une bonne et instructive plongée dans la vie d’un spécimen, certes de votre espèce, mais zébré !

Pages : 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10

7 commentaires sur “Zébrures ordinaires”

  1. Merci Damien, j’ai adoré ton article ! Je trouve vraiment génial ton approche descriptive, sans filtre, drôle. Mais du coup, je me pose plusieurs questions. Je me suis en partie reconnue dans la description (et quelque part, ça fait du bien), sauf que je me sens à l’opposé de toi dans ce que j’en fais. C’est-à-dire :
    – Je médite pour mieux contrôler ces pensées qui partent dans tous les sens
    – Je m’oblige à faire une chose à la fois, même si c’est dur (ref. Exemple atelier, je suis exactement pareil !) Mais je vais me “forcer” à traiter les choses dans l’ordre, même si c’est difficile.
    – Je cherche à rentrer dans le moule, à rentrer dans les codes.
    Du coup, quelle est la bonne solution ? Je dirai, celle qui ne nous fait pas souffrir 🙂
    Et là, je suis arrivée à un point où je ne supporte plus ces moules, ces carcans… Alors il faut oser être soi, et ça passe par retrouver qui on est. Pas facile !
    J’ai également une question : as-tu connu un moment”dépressif” dans ta vie, ou justement tous ces effets t’on submergés d’un point de vue négatif (injustice, problèmes de société, incompréhension de notre mode de vie en société qui paraît une aberration, perte de sens totale au travail…).
    En tout cas merci pour ton partage.

    1. Salut ! Merci pour ton retour 🙂
      Je te rejoins, la bonne solution est celle qui te fait du bien. Moi, je ne retire aucun bien à contraindre ma nature, donc je la laisse s’exprimer, plutôt en veillant à me procurer le repos et le ressourcement nécessaire – à ce titre, courir une heure dans la nature me fait autant de bien qu’une sieste ! Alors ce n’est que mon avis mais autant j’approuve la méditation (je médite – enfin c’est de l’état de conscience modifié – en courant longtemps car je ne tiens pas assez en place pour méditer assis sur un coussin) autant je me demande si te forcer à rentrer dans le moule te soit bénéfique… Quand j’ai accepté de ne plus le faire, je me suis révélé à moi-même et j’ai vraiment commencé à m’éclater dans la vie 🙂
      Je n’ai jamais connu de moment dépressif, je suis un éternel joyeux/content mais comme je le dis dans l’article, j’ai précisément conscience que le gouffre est toujours là tout près et je surveille ça ; par exemple en remplissant mon existence de pépites, d’expériences, de rencontres qui me mettent le coeur en joie et compensent largement ! Pour ne pas me sentir submergé je me recentre sur moi, j’assume d’être égoïste, de me donner la priorité, pour mieux et autant que faire se peut rayonner autour de moi 🙂
      Belle vie Amandine !

      1. Coucou
        Bien dit …. c’est à peu de choses près exactement ça. Je me retrouve dans presque tout mais en ne le vivant pas si facilement que toi. Syndrome de l’imposteur … les mots douance et haut potentiel
        me mettent mal à l’aise. Du coup, j’essaie de rentrer dans un moule qui ne me convient pas, et quand j’en sors, ça ne convient pas aux autres. Pfff … ça reste compliqué. J’ai découvert cette “bizarrerie” en cherchant sur le net pourquoi mes 5 sens m’en faisaient baver et bim ! J’ai pris une claque (comme toi quand tu as lu ce livre). Bref on va s’en accommoder hein ….
        Merci pour ce partage .

        1. Avec joie Marie, et puis que te dire : fais-toi confiance et respecte ta nature ! Elle revient au galop quand on la chasse, tu te souviens ? ça vaut pour les chevaux et les zèbres j’imagine 😉 Bon courage et bonne rencontre avec toi – comme dirait quelqu’un, “AiMe toi et le ciel t’aidera” ah ah. 🙂

  2. Bonjour Damien.
    Merci de ce joli site.
    Je prendrai plus de temps pour découvrir ces expériences, outils… cela fait du bien!
    Merci merci merci!!!
    Danièle

    1. Coucou Danièle, merci pour ce gentil mot. Faire du bien c’est ma vocation, à travers des films, des écrits, des publications, des images/photos – tout ce que je peux et sais bien faire. Alors ton retour fait mouche !Bon voyage sur la Planète.D et surtout fends toi d’autres retours j’en suis très friand 🙂 Belle journée.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *