Zébrures ordinaires

Impatience et fébrilité [interlude]

Oui, alors même que j’écris ces pages, je suis constamment interrompu par les contingences d’une vie de famille et professionnelle indépendante aussi denses et riches l’une que l’autre. Ce qui a le don de me faire bouillir intérieurement, car les idées explosent dans mon esprit comme les pigments incandescents d’un feu d’artifice que mes mains peinent à suivre pour les retranscrire – je ne pense pas en parlant dans ma tête, de façon coordonnée ou linéaire, je pense par concepts instantanés, lesquels apparaissent dans mon cortex plus vite que je ne pourrais les verbaliser, par cohortes entières, chacun en appelant trois autres qui donnent lieux à cinq nouvelles connexions. Autant vous dire que je me fatigue tout seul…

Je trépigne donc, je prends mon mal en patience, je temporise comme je peux (et je me fais gronder par mon amoureuse et mes filles car le temps de vous décrire tout cela elles m’ont rappelé à l’ordre déjà mais l’inspiration m’aimante à mon clavier, l’inspiration et l’envie dévorante de partager mille choses avec vous ! Et là Sarah m’harangue : “Je croyais que tu sauvegardais juste…” C’est vrai, je l’ai dit. J’ai menti… Non, je ne mens jamais, mais je distords parfois habilement la réalité – ah tiens il faudrait en parler un jour aussi) et surtout je note, je couvre des cahiers entiers de notes, des post-it, des enveloppes, je gribouille partout par hantise de perdre en route (ce qui ne manque jamais d’arriver) mes “précieuses” inspirations. Car, à peu de choses près, la totalité de ces pages m’est venue d’un coup d’un seul et une partie de moi maudit le nécessaire et laborieux intermédiaire qu’est la conversion de mes idées en pensées lesquelles se transforment péniblement par le truchement de mes mains en mots sur un écran d’ordinateur.

Mais où est donc la baguette magique de Mary Poppins ? Bref, poursuivons…

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7 commentaires sur “Zébrures ordinaires”

  1. Merci Damien, j’ai adoré ton article ! Je trouve vraiment génial ton approche descriptive, sans filtre, drôle. Mais du coup, je me pose plusieurs questions. Je me suis en partie reconnue dans la description (et quelque part, ça fait du bien), sauf que je me sens à l’opposé de toi dans ce que j’en fais. C’est-à-dire :
    – Je médite pour mieux contrôler ces pensées qui partent dans tous les sens
    – Je m’oblige à faire une chose à la fois, même si c’est dur (ref. Exemple atelier, je suis exactement pareil !) Mais je vais me “forcer” à traiter les choses dans l’ordre, même si c’est difficile.
    – Je cherche à rentrer dans le moule, à rentrer dans les codes.
    Du coup, quelle est la bonne solution ? Je dirai, celle qui ne nous fait pas souffrir 🙂
    Et là, je suis arrivée à un point où je ne supporte plus ces moules, ces carcans… Alors il faut oser être soi, et ça passe par retrouver qui on est. Pas facile !
    J’ai également une question : as-tu connu un moment”dépressif” dans ta vie, ou justement tous ces effets t’on submergés d’un point de vue négatif (injustice, problèmes de société, incompréhension de notre mode de vie en société qui paraît une aberration, perte de sens totale au travail…).
    En tout cas merci pour ton partage.

    1. Salut ! Merci pour ton retour 🙂
      Je te rejoins, la bonne solution est celle qui te fait du bien. Moi, je ne retire aucun bien à contraindre ma nature, donc je la laisse s’exprimer, plutôt en veillant à me procurer le repos et le ressourcement nécessaire – à ce titre, courir une heure dans la nature me fait autant de bien qu’une sieste ! Alors ce n’est que mon avis mais autant j’approuve la méditation (je médite – enfin c’est de l’état de conscience modifié – en courant longtemps car je ne tiens pas assez en place pour méditer assis sur un coussin) autant je me demande si te forcer à rentrer dans le moule te soit bénéfique… Quand j’ai accepté de ne plus le faire, je me suis révélé à moi-même et j’ai vraiment commencé à m’éclater dans la vie 🙂
      Je n’ai jamais connu de moment dépressif, je suis un éternel joyeux/content mais comme je le dis dans l’article, j’ai précisément conscience que le gouffre est toujours là tout près et je surveille ça ; par exemple en remplissant mon existence de pépites, d’expériences, de rencontres qui me mettent le coeur en joie et compensent largement ! Pour ne pas me sentir submergé je me recentre sur moi, j’assume d’être égoïste, de me donner la priorité, pour mieux et autant que faire se peut rayonner autour de moi 🙂
      Belle vie Amandine !

      1. Coucou
        Bien dit …. c’est à peu de choses près exactement ça. Je me retrouve dans presque tout mais en ne le vivant pas si facilement que toi. Syndrome de l’imposteur … les mots douance et haut potentiel
        me mettent mal à l’aise. Du coup, j’essaie de rentrer dans un moule qui ne me convient pas, et quand j’en sors, ça ne convient pas aux autres. Pfff … ça reste compliqué. J’ai découvert cette “bizarrerie” en cherchant sur le net pourquoi mes 5 sens m’en faisaient baver et bim ! J’ai pris une claque (comme toi quand tu as lu ce livre). Bref on va s’en accommoder hein ….
        Merci pour ce partage .

        1. Avec joie Marie, et puis que te dire : fais-toi confiance et respecte ta nature ! Elle revient au galop quand on la chasse, tu te souviens ? ça vaut pour les chevaux et les zèbres j’imagine 😉 Bon courage et bonne rencontre avec toi – comme dirait quelqu’un, “AiMe toi et le ciel t’aidera” ah ah. 🙂

  2. Bonjour Damien.
    Merci de ce joli site.
    Je prendrai plus de temps pour découvrir ces expériences, outils… cela fait du bien!
    Merci merci merci!!!
    Danièle

    1. Coucou Danièle, merci pour ce gentil mot. Faire du bien c’est ma vocation, à travers des films, des écrits, des publications, des images/photos – tout ce que je peux et sais bien faire. Alors ton retour fait mouche !Bon voyage sur la Planète.D et surtout fends toi d’autres retours j’en suis très friand 🙂 Belle journée.

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