DNews matinale de 15h37 (covoiturage etc…)

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Il est 5 heures, Paris s’éveille.

Quelque part.

Loin au nord.
Ici aussi, le cours des activités domestiques va reprendre.
Dans nos montagnes.
Il est 5 heures, Paris s’éveille quelque part, et j’attaque la pente.
Ah ! plonger dans l’air frais comme dans un ruisseau, et le corps s’ébroue.
Ah ! crapahuter sur les sentiers, hors des sentiers, et dans les cheveux s’emmêle l’odeur de la terre mouillée.
En haut, un chevreuil m’attendait. Me toise, en seigneur sur ses terres. 
Derrière lui, la frange de Haute Chartreuse sur laquelle s’appuient les premiers rayons du jour.
A ses pieds, notre habitat groupé.
La façade tricolore s’habille de soleil tout doucement, c’est une invitation.
A la vie bigarrée qu’on y construit.
Je cavale, euphorique, vers ma maison. Notre maison.
7 heures vibrent au carillon médiéval de St Maximin, Pontcharra alangui reçoit l’aube comme un cadeau.
Me voilà au bout de notre rue, le bâtiment ouvre ses paupières.
Marie-France va au jardin rejoindre Dominique et sa bêche.
Sur le perron, Francine discute avec son chat.
D’une chambre entrouverte en haut, cascadent les rires de mes filles qui jouent avec leur mère.
Mes trois amoureuses.
Le vent fait claquer un hamac et gigoter fanions et drapeaux, la décoration de la fête.
Je vois Richard enfourcher son vélo et répondre à l’appel du devoir.
Haruko à sa fenêtre en train d’élaborer un petit-déjeuner.
Fanny sur sa terrasse, arrosoir en main.
Ils sont tous là. 
Je suis chez moi.
Bon, ce n’est pas tout ça, mais trêve de prose poétique émue.
Ca faisait longtemps que je n’avais pas écrit de DNews.
Mais je n’ai pas chômé, qu’on se le dise.
En vrac…
JOR
Le film « Jor » sur les aventures locales à ski/pulka du jurassien globetrotter et ami Virgile Charlot est disponible
– en dvd à la vente là : http://www.planeted.eu/pages/popup-j_fr.html
71° Solitude Nord
Lentement, très lentement, mais très sûrement, je travaille au film qui va retracer l’aventure de Nathalie Courtet à travers la Laponie cet hiver. Faudra être patient… mais d’ici à la sortie du film, je puis vous dire déjà :
– toute mon admiration pour Nathalie et la virtuosité avec laquelle elle a mené sa barque, enfin sa pulka ; sans dévoiler la réussite ou l’échec de son projet, la seule rigueur avec laquelle je l’ai vue monter et effectuer cette expédition, la seule énergie qu’elle a investie dedans, la seule persévérance qui fut la sienne dans des conditions parfois herculéennes, méritent qu’on les salue, et je les salue. Bravo Nathalie.
– il y aura un film complet sur Nathalie, et également un court-métrage façon making-of + découverte du FatBike pour vous raconter un peu comment je bricole mes films surtout celui-là qu’il a fallu tourner par -15°
– les premières photos sont là, les abonnés Facebook les auront vues déjà en avril : https://www.facebook.com/media/set/?set=a.718657211487481.1073741830.190827364270471&type=1
Alimentation vivante
Je ne l’aurais pas crû (hihihi) mais le dvd de recettes végétaliennes crues fait avec la magique Irène a un succès fou !
1500 exemplaires vendus, chouette !
Et toujours beaucoup de vues pour le film – bientôt 68000.
S U M M E R    2 0 1 4
Si tout se passe bien je tourne deux films d’aventures cet été, l’un en Haute-Savoie dans la lignée de « Un pas de côté » (ambiance exploration en France), l’autre autour de Grenoble à l’occasion de l’UT4M (http://ut4m.fr/) ; tout ça devrait continuer à défendre l’idée qu’on peut s’amuser à domicile… même si Planète.D fomente des voyages au long cours lointains pour les années à venir mais chuuut.
Sinon RDV le 19 juin à Avignon dans le cadre du festival « La Conspiration Positive » pour une projection en plein air à 22h de « Autarcies »http://www.planeted.eu/pages/popup-a_fr.html et affiche .
Pour finir, témoignage…
Le covoiturage
(ça rime)
Brève anecdote ridicule pour montrer que le covoiturage aussi est source d’aventures.
« Allô, oui ?
– Damien, bonjour, c’est Jean-Luc.
– Ah bien, Jean-Luc, où es-tu ? »

Jean-Luc est mon second covoitureur.
Le premier, Antoine, se tient déjà debout à côté de moi. Souriant. Timide.

« Alors Jean-Luc ? Tu es où ? Je suis au rendez-vous, au 4 de la rue de Chanzy.
– Je suis au rendez-vous, au 4 de la rue de Chanzy.
– Pardon ?
– Je suis au rendez-vous, au 4 de la rue de Chanzy.
– C’est ce que je viens de dire.
– Oui, c’est ce que je viens de dire. C’est le cas. J’y suis. »

Moment de perplexité confuse. 
Houston… ? Houston euhhhhhh…

« Jean-Luc, MOI je suis au 4 de la rue de Chanzy.
– Bah non, c’est moi. »
We’ve got a problem. Il se fout de ma pomme ?
Je regarde autour de moi. Antoine, et… personne. 
Bienvenu dans la rue de Chanzy, et accessoirement la 4ème dimension.

« Comment ça tu es au 4 de la rue de Chanzy, Jean-Luc, pourquoi je ne te vois pas ?
– Je ne sais pas, bouge un peu pour voir… »

Je bouge. Antoine bouge. On ne se voit pas.
Un passant nous voit. Il change de trottoir, inquiet.

« Il y a quoi autour de toi Jean-Luc ?
– Eh bien, des maisons, des trottoirs, des voitures. 
– Des trottoirs et des voitures ?
– Et des maisons. Je suis devant le n°4. »
Je suis devant le n°4. Je ne bouge plus. L’univers est un grand bazar et je suis pile au milieu.
Où est la caméra ? Marc Béliveau sort de derrière ce réverbère.
« Jean-Luc, il y a des réverbères dans ta rue de Chanzy ?
– Un. Attends il y a un mec derrière…
– Quoi ?!
– Monsieur, je suis bien rue de Chan… Ah non autant pour moi c’est une affiche. »
Je me décale. Derrière mon réverbère, une pub pour le dernier spectacle de Laurent Gerra.
J’ai peur. Trois pas en arrière. Je bute sur une chemise hawaïenne. C’est Antoine.
Il bouge encore. Je prends Antoine à témoin.  Il regarde aussi. Un Laurent Gerra. Pas de Jean-Luc.
Enfin si, mais uniquement au téléphone.
« Damien, moi aussi je bouge là mais je vais arrêter, les passants me regardent bizarrement.
– Je sais. Je sais, Jean-Luc… »

J’avise une vieille dame – aïe ! pardon, Tron me suggère dans l’oreillette d’éviter un vocabulaire trop direct ou explicite qui risquerait de froisser la sensibilité des moins jeunes parmi vous. D’autant que j’ai déjà commis l’impardonnable bévue, lors d’une projection à Grenoble, de dire « vieille » et « 45 ans » dans la même phrase. Comme me le rappelle Tron, les quelques têtes grises présentes dans la salle se sont étranglés avec leur bière. Tron voudrait m’éviter de perdre le secteur 3ème âge de mon public (c’est pas pour ce que ça rapporte les maisons de retrai-aïe !) Tron ne badine pas avec la communication. Tron est un programme informatique d’intelligence artificielle chargée dans une oreillette qui me souffle en permanence ce que je dois dire en public et m’envoie une décharge électrique quand je commets un impair, jure, manque de courtoisie ou suis désobligeant, pète ou me cure le nez – c’est à dire à peu près tout le temps. Ce dans le but de promouvoir mon travail, améliorer mon langage et faire de moi un bon toutou, en exploitant au maximum les rares qualités que je peux mettre en avant, sans pour autant verser dans l’exagération totale. Plutôt efficace. Il faut juste penser à éteindre Tron dans la vie privée – au hasard pendant le sexe. Ou selon ses penchants, le régler sur « max »…

J’avise donc une dame vénérable et lui demande où je suis.
« Rue de Chanzy » me répond-elle en me fixant des yeux, droite comme un S sans sa robe en rideau sous le panneau « rue de Chanzy » et un regard soupçonneux vrillé sur les pupilles. 
« Oui mais laquelle ? »
Elle serre son sac à main bordeaux avec un liseré fleuri. 
Plisse les paupières derrière des lunettes épaisses dorées. 
Jean-Luc est toujours au téléphone.
« Damien, je vois une vieille da…
– Vénérable.
– Comment ?
– Vénérable dame.
– Si tu veux.
– Je ne veux rien, c’est Tron qui me met en garde.
– Un autre covoitureur ?
– Laisse tomber, Jean-Luc, je t’expliquerai plus tard.
– Madame , où suis-je s’il vous plaît ? »
J’entends la voix chevrot- aïe ! auguste, la voix auguste de l’autre vieil- aïr ! dame d’un âge respectable répondre la fatidique et crainte « Rue de Chanzy ».
« Damien ? La vieil-
– Aïe ! Jean-Luc, pas de vocabulaire désobligeant s’il te plaît.
– Quoi ?
– Tron t’entend et il me balance des décharges dans l’oreille.
– Je ne comprends rien à ce que tu racontes Damien.
– Moi non plus. 
– Bon, la vieil-
– Aïe !
– Pardon vénérable dame me dit…
– Je sais, tu es dans la rue de Chanzy
– Voilà.
– Voilà…
– …
– Ahem.
– Euh…
– Est-ce qu’elle est habillée avec un rideau ?
– Dites-donc jeune homme…
– Oui. 
– Est-ce qu’elle sert son sac à main bordeaux avec un liseré fleuri ?
– Oui.
– Est-ce qu’elle plisse les paupières derrière des lunettes épaisses dorées ?
– Oui, mais comment tu… ?
– Cours Jean-Luc, cours… »

Bien. Long story short, il y a, dans cette zone de Paris-est, et tout aussi aberrant que cela semble, deux rues de Chanzy à quelques centaines de mètres l’une de l’autre, les deux à cheval ou presque sur la limite entre deux communes. Situation burlesque à n’y rien comprendre. Mais la beauté de la chose, c’est que ça nous aura tant fait rire, que pendant les 5 ou 6 heures de trajet qui suivirent, nous devînmes copains comme cochons et que le soir nous finîmes tous autour d’une table, chez le fameux Jean-Luc, à se raconter encore l’anecdote surréaliste de la rue de Chanzy en se tapant dans le dos.

Moralité, faites du covoiturage.
Et restez abonnés à la DNews ça vous fera passer le temps, de temps en temps, et ça me donnera l’impression d’avoir des amis. 
Ou dites-moi gentiment par email que mon imagination vous perturbe et que vous préférez arrêtez-là les frais, je ne vous en voudrai pas de manquer d’humo- aïe ! de n’être pas amateurs de mes blagues.
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